Au Louvre, des danseurs invitent les visiteurs à regarder différemment les toiles de maîtres

Dans le cadre du Festival d'Automne, le musée du Louvre à Paris propose en nocturne jusqu'au 10 décembre 2022 des chorégraphies de danse devant une trentaine de tableaux.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Une danseuse devant le tableau "Les Licteurs rapportent à Brutus les corps de ses fils" au musée du Louvres, le 22 novembre 2022.  (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Les secrets des grands peintres vous échappent quand vous êtes debout face à leurs chefs d'oeuvre ? Le musée du Louvre propose une façon différente d'aborder les toiles des maîtres. 

Jusqu'au 10 décembre dans le cadre du Festival d'Automne, le musée propose une performance déambulatoire interprétée par une dizaine d'artistes dont les gestes tentent de dialoguer avec les tableaux d'artistes comme Jacques-Louis David ou Léonard de Vinci.

Baptisé "Forêt", le spectacle se tiendra après la fermeture du musée, de 19h et 21h30, avec 500 spectateurs attendus chaque soir pour déambuler dans les 5 000 mètres carrés de la célèbre aile Denon, qui abrite La Joconde.

De la danse devant une trentaine de toiles

"Cela invite à une autre lecture, un autre imaginaire chez le spectateur", explique Anne Teresa De Keersmaeker, célèbre chorégraphe belge qui a conçu la performance avec un autre chorégraphe, Némo Flouret.

Les danseurs interprètent notamment des solos, avec des gestes fragmentés et assez dépouillés, devant une trentaine de tableaux, dont le Radeau de la Méduse de Théodore Géricault, des toiles de Jacques-Louis David (Les licteurs rapportent à Brutus les corps de ses fils, Les Sabines), ou de de Vinci (La Vierge aux rochers,
La Belle Ferronnière, Sainte Anne, la Vierge, L'Enfant Jésus et Saint Jean-Baptiste
enfant).

Un danseur devant le tableau "Les Sabines" de Jacques-Louis David au musée du Louvre, le 22 novembre 2022 à Paris.  (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Pour Némo Flouret, "ces tableaux immobiles nous amènent à comprendre comment cette danse peut devenir un prolongement" de ces toiles, avec ce défi d'amener le spectateur à "regarder le tableau à travers les danseurs".

Autre défi: surmonter les contraintes d'un musée où il n'est pas possible de jouer
avec les lumières ou de mettre une musique très forte pour ne pas fragiliser les
toiles. Les performances dans les musées sont de plus en plus programmées, notamment depuis la pandémie de Covid, avec une intention d'amener plus de transversalité entre les arts mais aussi d'attirer le public hors des salles traditionnelles.

Prendre le temps de regarder un tableau

Ainsi le Musée d'Orsay accueille (jusqu'à mercredi) des danseurs du Ballet national
de Norvège qui interprètent des extraits de ballets inspirés de pièces d'Ibsen. Mais aussi bien Anne Teresa De Keersmaeker que Némo Flouret insistent sur le fait qu'il ne s'agit pas d'un "happening" ou d'un divertissement mais d'une invitation à prendre son temps pour regarder le tableaux au lieu de les "consommer".

"Il s'agit de ralentir le regard, d'arrêter le temps; on ne regarde plus les peintures;
il faut se laisser imprégner par la beauté des choses à travers la danse, dans
son effet le moins spectaculaire possible".

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