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Irak : le Musée national de Bagdad ouvre ses portes les week-ends et gratuitement

Dans un Irak qui retrouve un semblant de normalité après des décennies de conflits, le musée de Bagdad, fondé en 1926 pour raconter 7 000 ans d'histoire, a enchaîné ces dernières années les fermetures et les réouvertures, au gré des soubresauts de l'actualité politique.
Article rédigé par franceinfo Culture avec AFP
France Télévisions - Rédaction Culture
Publié
Temps de lecture : 2 min
Les gens visitent le musée irakien de la capitale irakienne Bagdad le 27 septembre 2022 à l'occasion de la Journée mondiale du tourisme. (SABAH ARAR / AFP)

Admirant d'imposants "lamassu", de fabuleux taureaux ailés de Mésopotamie, et des sculptures murales assyriennes vieilles de 2 700 ans, des dizaines de visiteurs irakiens ont profité, vendredi 24 février, d'une balade au Musée national de Bagdad, qui désormais ouvre ses portes gratuitement un jour du week-end.

Fermé pendant trois ans à partir de 2019, en raison de manifestations puis de la pandémie de Covid-19, le musée avait rouvert ses portes en mars 2022. Il pouvait être visité en semaine, du dimanche au jeudi, de 9 heures du matin à 13 heures, et fermait vendredi et samedi. "A partir d'aujourd'hui, le musée ouvrira également tous les vendredis pour accueillir gratuitement les familles irakiennes et les touristes, de 9 heures à 17 heures", confie à l'AFP le directeur du Conseil irakien des antiquités, Laith Majid Hussein, au milieu d'un flot de visiteurs.

"On a l'impression de remonter le temps"

Des dizaines d'Irakiens, venus en couple, entre amis ou encore en famille, avec les plus jeunes dans des poussettes, ont pu déambuler vendredi dans les galeries du musée, selon un correspondant de l'AFP. Certains se prenaient en photo devant deux lamassu, créatures mythiques moitié homme moitié taureau ailé, découverts sur le site d'une cité assyrienne et remontant au 8e siècle avant J.-C. Il y a également des miniatures en ivoire finement sculptées, utilisées pour décorer palais et mobilier royal, datant de la période néo-assyrienne (911-612 avant J.-C) et retrouvées sur le site de Nimrod (nord).

Ahmed Mozher, avocat de 35 ans, est venu avec son épouse Farah. "C'est la première fois", reconnaît-il. "On a l'impression de remonter le temps en voyant de telles créations, tant de civilisation, c'est un sentiment indescriptible". Il se réjouit de voir les familles faire le déplacement avec leurs enfants. "C'est important de leur apprendre cette Histoire, pour qu'elle soit héritée de génération en génération." L'Irak est le berceau des civilisations de Sumer, d'Akkad, de Babylone et d'Assyrie, auxquelles l'humanité doit l'écriture et les premières villes.

Le pays a souffert du pillage et du trafic d'antiquités, après l'invasion américaine de 2003 puis avec l'arrivée du groupe Etat islamique. Le musée de Bagdad n'a pas été épargné par les pillages en 2003, dans le chaos ayant suivi l'invasion contre Saddam Hussein. Sur les 15 000 pièces volées à l'époque, les autorités n'ont pu en restituer qu'un tiers. Aujourd'hui malgré des infrastructures en déliquescence, l'Irak s'ouvre timidement au tourisme mondial.

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