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De Picasso à Bacon, seize expositions à voir cet été en régions

Article rédigé par Valérie Oddos
France Télévisions - Rédaction Culture
Publié
Dessin à Toulouse avec la collection Prat, photo à Tours avec Willy Ronis, peinture avec Fernand Léger à Metz, sculpture avec Chagall à Nice, et Picasso encore à Rouen et à Landerneau, seize expositions à voir cet été en régions.

A gauche © Tous droits réservés / Photo : Fabrice Lepeltier © ADAGP, Paris 2017 - A droite © Collection Prat

Ami d'Henri Matisse, désigné par Guillaume Apollinaire comme "le peintre voluptueux", Henri Manguin est un artiste qui a accompagné et parfois précédé les audaces des peintres fauves. Le Musée des impressionnismes de Giverny expose ce peintre de la sensualité heureuse et maître des harmonies de couleurs. 90 œuvres qui retracent sa carrière : nus, paysages méditerranéens, scènes de la vie de famille, natures mortes. Du 14 juillet au 5 novembre 2017. Ici, Henri Manguin, "La Couseuse à la robe rouge, Jeanne", 1907, Collection particulière
 (Tous droits réservés / Photo : Fabrice Lepeltier © ADAGP, Paris 2017)
Une soixantaine de toiles d'Alfred Sisley qui couvrent l'ensemble de la carrière du peintre impressionniste, peints sur le motif dans ses lieux de prédilection, Louveciennes, Marly-le-Roi, Sèvres, Veneux-Nadon, Moret-sur-Loing, et ceux où il a séjourné, d'Argenteuil à l'Ouest de Londres. Des lieux où il repérait les effets de lumière sur l'eau, sur la neige, les mouvements des arbres, la profondeur des ciels. A l'Hôtel de Caumont à Aix-en-Provence. Jusqu'au 15 octobre. Ici, Alfred Sisley, "Les Petits prés au printemps", 1880-1881, Tate, présenté par un corps de souscripteurs en mémoire de Roger Fry, 1936 
 (Tate, London 2016)
Le château de Tours, en partenariat avec le Jeu de Paume, présente le parcours de Willy Ronis, figure du courant humaniste français. Un photographe attentif à la vie ordinaire près de chez lui et aussi grand voyageur, curieux et cultivé, observateur engagé des grands mouvements sociaux. L'exposition, imaginée à partir de la donation faite par Willy Ronis à l'Etat en 1983, montre des icônes comme "Les Amoureux de la Bastille" ou le "Nu provençal", et aussi des images moins connues. Du 28 juin au 29 octobre 2017. Ici Jeanne et Jacques près de Paris, 1937, Ministère de la Culture et de la Communication / Médiathèque de l'architecture et du patrimoine / Dist RMN-GP
 (Donation Willy Ronis )
Le Palais Lumière d'Evian dévoile l'univers singulier et mystérieux de Paul Delvaux, habité de squelettes, de temples antiques, de femmes impassibles, de couples ambigus, de gares désertes et de trains fantomatiques, à travers une sélection d'œuvres majeures du peintre surréaliste belge, issues d'une collection particulière et quelques pièces clés de musées de Belgique. Ici, Paul Delvaux, Etude pour "La Fin du voyage" de 1968, Encre de Chine et aquarelle sur papier, Collection privée en dépôt au Musée d'Ixelles, Bruxelles, photo Vincent Everarts
 (Fondation Paul Delvaux, St Idesbald, Belgique / ADAGP Paris 2017)
Le Musée Fabre de Montpellier confronte Francis Bacon (1909-1992) et Bruce Nauman (né en 1941), deux figures de l'art du XXe siècle, de deux générations différentes et qui développent donc leurs œuvres respectives dans des contextes artistiques différents. Le peintre anglais et l'Américain, spécialiste de la vidéo, de la sculpture et de l'installation, se rejoignent pourtant dans l'appréhension de l'art comme une expérience, dans la fascination pour le corps, ses possibles déformations et transformations et son inscription dans l'espace. Du 1er juillet au 5 novembre 2017. Ici, Francis Bacon, "Three Figures ina a Room", 1964, Paris, Collection Centre Pompidou – Musée national d'art moderne – Centre de création industrielle. Service presse / Musée Fabre. Photo Centre Pompidou MNAM-CCI, dist. RMN-Grand Palais / Philippe Migeat
 (The Estate of Francis Bacon / All rights reserved / Adagp, Paris and DACS, London 2017)
Rouen propose une saison Picasso, avec trois expositions : une grande au musée des Beaux-Arts, sur les années normandes de l'artiste, celles où il travaillait dans son château de Boisgeloup, dans les années 1930. C'est l'époque où il vient de rencontrer Marie-Thérèse Walter, dont les formes rondes lui inspirent de nombreuses œuvres, une période où il expérimente de nouveaux matériaux et un nouveau langage. Plus petites mais non moins intéressantes, une exposition sur la céramique de Picasso au Musée de la Céramique et une autre sur son complice et maître de la sculpture de fer Julio Gonzàlez au Musée de la Ferronnerie. Jusqu'au 11 septembre 2017. Ici, 
Pablo Picasso : à gauche, "Femme assise dans un fauteuil rouge" Boisgeloup, 1932, Musée national Picasso-Paris, dation Pablo Picasso, 1979 - A droite "Tête de femme" Boisgeloup, 1931-1932, Musée national Picasso-Paris, dation Pablo Picasso, 1979
 (A gauche et à droite : © Succession Picasso 2017 - © RMN-Grand Palais (Musée national Picasso-Paris) / Mathieu Rabeau)
Et Picasso toujours, à Landerneau (Finistère), où le Fonds Hélène et Edouard Leclerc expose les œuvres que l'artiste espagnol a gardées toute sa vie avec lui dans ses ateliers successifs. Sa veuve Jacqueline en a hérité en partie et elles sont restées dans sa collection particulière. Deux cents œuvres, peintures, dessins, céramiques, livres illustrés tracent ainsi une espèce de rétrospective intime de l'artiste, depuis ses premières peintures aux toiles de couleurs vives des dernières années, en passant par sa période cubiste et les œuvres marquées par la guerre. Jusqu'au 1er novembre 2017. Ici, Pablo Picasso, "Portrait de Jacqueline", 1960, Collection particulière
 ( photographie Claude Germain © Succession Picasso 2017)
L'Hôtel des arts de Toulon offre l'ensemble de ses espaces cet été à Mathieu Pernot. Le photographe y fait voir le travail qu'il a réalisé pendant une vingtaine d'années auprès de communautés tsiganes. Installations, photographies, sons et documents d'archives construisent le récit de l'histoire de cette minorité. Une exposition de la programmation associée aux Rencontres d'Arles. Jusqu'au 1er octobre 2017. Ici, Mathieu Pernot "Roumanie, 1998" 
 (Mathieu Pernot)
Au Musée Marc Chagall de Nice, c'est un aspect méconnu du travail de l'artiste qui est révélé cet été, la sculpture. Modelage de céramiques, taille de la pierre et du marbre, bronze, travail de peintre sur les patines, regard de graveur sur le métal, c'est plus de trente ans de travail sur la matière et le volume qui est exposé. Toujours autour des thèmes qui lui sont chers : la célébration de l'amour, les représentations animalières, les scènes bibliques. Une soixantaine de pièces. Jusqu'au 28 août 2017. Ici, Marc Chagall, "Deux têtes à la main", 1964, Collection particulière
 (Benoît Coignard © Adagp, Paris, 2017)
"Le beau est partout", disait Fernand Léger, un artiste fasciné par les mutations de son temps qui a exalté la puissance esthétique de la vie moderne et voulu faire entrer l'art dans la vie quotidienne. La rétrospective du Centre Pompidou-Metz réunit une œuvre de cinq décennies nourrie par la vitalité d'une époque, dans un parcours thématique qui en aborde toutes les facettes et met en lumière ses liens avec les architectes, les cinéastes, les danseurs, les musiciens, les poètes. Jusqu'au 30 octobre 2017. Ici, Fernand Léger, "Le Transport des forces", 1937, Centre national des arts plastiques, dépôt au Palais de la découverte, Paris 
 (Adagp, Paris, 2017 / CNAP / photographe : Yves Chenot)
Alors que la maison de Renoir à Essoyes (Aube) a ouvert ses portes au public, le Musée d'art moderne de Troyes expose une cinquantaine de tableaux du peintre, pour tenter de renouveler la vision qu'on a de son œuvre, au-delà de sa période "impressionniste", et autour de quelques thèmes comme les natures mortes, les portraits de son épouse Aline Charigot et de sa nourrice Gabrielle Renard, originaires toutes deux d'Essoyes, le regard de Picasso sur Renoir. Jusqu'au 17 septembre 2017. Ici, Pierre Auguste Renoir, "Nature morte", Paris, Musée d'Orsay 
 (RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski – Service presse / Musée d'art moderne, Troyes )
De la Méditerranée à l'Océan Indien, le Mucem raconte les explorations et les aventures maritimes entre le VIIe et le XVIIe siècle. Il nous emmène sur les routes des épices et des porcelaines d'Extrême-Orient, de l'or d'Afrique, des verreries de Venise, des cotonnades d'Inde avec plus de deux cents œuvres de cinquante musées. Des routes commerciales qui ont aussi permis de brasser les hommes, les idées et les religions. L'exposition présentée l'hiver dernier à Paris, à l'Institut du monde arabe, centrée sur les voyageurs arabes, est reprise à Marseille avec cinquante nouvelles œuvres. Ici, Jonas et la baleine, Rashîd al-Dî n, Jami al-tawarikh (Histoire universelle), Tabriz, Iran, 1314-1315. The Nasser David Khalili Collection, Londres 
 (Nour Foundation. Courtesy of the Khalili Family Trust)
De Poussin à Cézanne en passant par Ingres, Delacroix, Victor Hugo ou Baudelaire, la Fondation Bemberg à Toulouse expose un ensemble de 110 dessins français du XVIe au début du XXe siècle appartenant à Louis-Antoine Prat, un des principaux collectionneurs de dessins français, qui fut chargé de mission au département des Arts graphiques au musée du Louvre de 1976 à 2016. Ici, Georges Seurat, "Le Cireur de bottes et son client" 
 (Collection Prat)
Dalí et la science, c'est le thème choisi pour son exposition de l'été par le Musée d'art moderne de Céret (Pyrénées-Orientales). L'artiste qu'André Breton définissait comme "le prince de l'intelligence catalane" s'est intéressé à l'astrophysique, à la théorie de la relativité, à la psychanalyse, à la génétique, a rencontré les savants de son temps et nourri son art de la science. L'exposition propose un parcours autour des disciplines scientifiques qui l'ont intéressé, avec 180 de ses œuvres ainsi que des œuvres de Man Ray, Brassaï, Buñuel et des objets. Jusqu'au 1er octobre 2017. Ici, à gauche, Philippe Halsman, "CBS Morning Show", 1956 – A droite, Salvador Dalí, "Métamorphose d'un buste d'homme en scène inspiré par Vermeer" ou "Triple image. Portrait de Franco", 1939, Collection particulière 
 (A gauche Philippe Halsman / Archives Halsman. Droits d'image de Salvador Dalí réservés. Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres, 2017 A droite © Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí / Adagp, Paris, 2017  )
Le LaM de Villeneuve-d'Ascq, qui possède plusieurs objets et documents issus de la collection du poète, a réuni les artistes chéris d'André Breton : Aloïse Corbaz, Augustin Lesage, Scottie Wilson, Charles Filiger, Victor Brauner, Max Ernst, André Masson, Joan Miró… Une exposition, organisée avec le concours du Centre Pompidou dans le cadre de son 40e anniversaire, qui explore certaines des obsessions de Breton : l'automatisme, le spiritisme, le désir et l'amour fou, la métaphore et le merveilleux. Ici, Séraphine Louis, "Les Fruits", vers 1928. Don de Wilhelm Uhde en 1938. Musée de Grenoble. 
 (Photo : Musée de Grenoble)
Après un premier volet sur les années 1870-1940 et les artistes d'avant-garde, d'Eugène Boudin à Robert Delaunay en passant par Claude Monet ou Paul Gauguin, qui puisaient leur inspiration en Bretagne, le Musée de Pont-Aven s'intéresse au renouveau artistique breton dans l'entre-deux-guerres : là, ce sont des artistes bretons qui mettent leur créativité au service de la Bretagne et puisent leurs sujets dans la vie portuaire, le littoral, le vent, les pêcheurs et les cueilleurs de fraises, comme René-Yves Creston, Mathurin Méheut, Yvonne Jean-Haffen. Du 1er juillet 2017 au 7 janvier 2018. Ici, Jean-Julien Lemordant, "Le grand pardon à Saint-Guénolé" ou "La révolte des sardinières", Collection particulière
 (Artgo, tous droits réservés)

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