"C'est important pour le militaire sur le terrain, comme en cérémonie, d'avoir de la tenue et de la prestance" : les tenues militaires s'exposent à Paris

Quelques robes de haute couture signées Jean-Paul Gaultier ou Dries Van Noten s'exposent au musée de l'Armée des Invalides. Une exposition qui montre que le vestiaire militaire regorge de chefs-d'œuvre.

Armet de carrousel, vers 1860 (G), Armure du dauphin, futur Henri II, entre 1536 et 1547 (C), Bourguignotte de \"l’ensemble à la chimère\", vers 1560-1570 (D).
Armet de carrousel, vers 1860 (G), Armure du dauphin, futur Henri II, entre 1536 et 1547 (C), Bourguignotte de "l’ensemble à la chimère", vers 1560-1570 (D). (Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais /Anne-Sylvaine Marre-Noël/Émilie Cambier/Christophe Chavan)

Tout le prestige de l'uniforme militaire s'expose au musée de l'Armée aux Invalides à Paris jusqu'au 26 janvier. Plus de 200 pièces, vêtements ou objets de luxe y sont présentés. L'exposition "Les canons de l'élégance" restitue les tenues militaires du XVIe siècle à nos jours. 

"Plus on se croit beau, mieux on se bat", disait à la fin du XIXe le général François du Barail, et tant pis pour le contraste avec la violence de la guerre. Dans l'armée, on se préoccupe de son apparence, comme le fait le général Alexandre d'Andoque de Sériège, le directeur du musée de l'Armée dans les allées de l'exposition : "Aujourd'hui, je suis habillé en militaire, ce qui n'est pas toujours le cas. La tendance actuelle est plutôt d'être en chemisette, col ouvert. Mais, par élégance, je préfère cette tenue avec cravate. Quand j'ai commencé ma carrière de militaire, on avait encore une tenue de début de soirée, qui était la tenue bleue, et ensuite le spencer. Il ne reste plus aujourd'hui que le spencer."

Je regrette énormément cet appauvrissement des tenues.Général Alexandre d'Andoque de Sériège, directeur du musée de l'Arméeà franceinfo

"C'est important pour le militaire, sur le terrain, comme en cérémonie, d'avoir de la tenue et de la prestance" , insiste le général d'Andoque de Sériège. Les codes permettent de communiquer, d'afficher un rang hiérarchique à grand renfort de fourrure d'hermine sur le manteau des pairs de France, d'or et d'argent pour une légion d'honneur, ou velours de soie et saphirs pour des bâtons de maréchal.

Quand la mode s'empare du treillis 

Mais après la Seconde Guerre mondiale, les looks changent et les surplus de tenues de combat envahissent le monde civil. "Le camouflage est passé de l'armée à la rue, puis au podium avec Jean-Paul Gauthier et Jean-Charles Castelbajac, pionniers de l'utilisation du camouflage dans la mode, explique Dominique Prévôt, l'un des commissaires de l'exposition. Les treillis des années 1980, kaki, maintenant sont réutilisés par les créateurs qui y brodent des motifs et qu'on retrouve chez des jeunes filles de très bonne famille dans les beaux quartiers."  

L'armée ne cesse de faire évoluer ses uniformes en intégrant tous les nouveaux savoir-faire : "Il y a des mouvements en ce moment comme l'adoption d'une nouvelle tenue de sport. Il fallait prendre en compte les dernières innovations techniques, explique Dominique Prévôt. Il y a aussi des changements qui sont prévus dans la tenue de combat avec des renforts intégrés à la tenue. Il est aussi question d'adopter une nouvelle tenue d'apparat pour remplacer la tenue Terre de France". Une innovation vestimentaire pour l'instant à l'étude. 

Le reportage de Sophie Auvigne au musée de l'Armée à Paris.
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