Une œuvre monumentale du plasticien japonais Taro Izumi restitue le silence capté dans 300 théâtres confinés du monde

A Bâle en Suisse, le musée Tinguely donne carte blanche jusqu'au 15 novembre à l'atriste japonais. Ses oeuvres singulières évoquent la période de confinement qui l'a profondément marqué.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Exposition Taro Izumi au musée Tinguely de Bâle (France 3 Grand Est)

La nouvelle exposition du musée Tinguely à Bâle propose une immersion dans le monde insolite et plein de malice de l’artiste contemporain japonais, Taro Izumi. Des œuvres et des performances inspirées de la crise sanitaire mondiale à découvrir au musée suisse jusqu'au 15 novembre. 

Du vide mais beaucoup de pleins 

Il y a ces boules de billard enfermées dans un cube de plexiglas qui ponctuent le parcours, des vidéos et des performances sur les abus de la consommation, des photos insolites et puis il y a cette immense installation sonore qui diffuse des bruits blancs. Un mur de silence capté dans 300 théâtres du monde entier durant le confinement. Le résultat est à la fois terrifiant et plein d'espoir. "C'est comme dans la peinture japonaise, il y a beaucoup de vide mais cela ne veut pas dire qu'il n'y a rien, l'espace et le vide existe bien, c'est l'idée maîtresse de cette exposition", explique l'artiste. Le vide qui se fait bruit, l’absence qui se fait musique rappelle le fameux 4’33 (1952) de John Cage, une œuvre où le silence devient matière sonore.

Installation Taro Izumi  (France 3 Grand est)

Absurde, drôle et insolent

Izumi a développé un univers créatif unique qui n’appartient à aucune catégorie artistique établie. Sculptures, installations, performances et vidéos s’y mêlent étroitement. Les matériaux s’ajoutent les uns aux autres comme le bois, les textiles, les plantes, la fourrure ou encore des meubles et des éléments recyclés de toutes sortes. Des constructions en apparence bricolées et pourtant assemblées avec une extrême précision. "Quand les gens me regardent, ils pensent que je ne travaille pas, ils ont l'impression que je dors et pourtant mon esprit est en pleine ébullition, les idées fusent", raconte l'artiste pourtant peu bavard sur son processus créatif. 

Photo de Taro Izumi  (France 3 Grand Est)

Au gré de sa déambulation, le visiteur cherche parfois son chemin, intrigué, perdu ou amusé. "Il y a un côté décalé, il va attraper des choses banales de notre quotidien et il va faire un pas de côté et nous montrer des aspects de nos vies que l'on ne remarque pas nous-même", constate une visiteuse. 

Taro Izumi au Musée Tinguely de Bâle jusqu'au 15 novembre 2020

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