Au musée Soulages de Rodez, la plasticienne Jeanne Vicérial fait dialoguer ses œuvres de textiles avec celles du maître de l'Outrenoir

Cette ancienne pensionnaire de la Villa Médicis a installé quatre œuvres monumentales entièrement confectionnées de fils qui résonnent avec les toiles de Pierre Soulages.
Article rédigé par Odile Morain
France Télévisions - Rédaction Culture
Publié
Temps de lecture : 2 min
La plasticienne Jeanne Vicérial expose ses sculptures textiles au musée Soulages de Rodez. (FRANCE 3 OCCITANIE)

Dans le hall d’entrée et dans la grande salle de l'Outrenoir du musée Soulages de Rodez, l'atmosphère est à la contemplation. À l'occasion des dix ans du musée, la plasticienne Jeanne Vicérial a créé quatre immenses sculptures faites de textile qui mêlent cordes et corps féminins.

L'installation éphémère intitulée Sans attendre la naissance du jour est à découvrir jusqu'au 3 novembre.  

au musée Soulages de Rodez
Expo Jeanne Vicérial au musée Soulages de Rodez (France 3 Midi-Pyrénées : R. Avanissian / L. Tazelmati / L. Pennes)

Devant les magistrales peintures de Pierre Soulages, les œuvres de Jeanne Vicérial offrent un dialogue inédit. À la fois inquiétants et fascinants, ces sortes de "costumes habités" tout de noir vêtus invitent le visiteur dans une expérience spirituelle.

"Tricotissage"

Pour réaliser ses sculptures, Jeanne Vicérial a mis en place une technique personnelle : le "tricotissage". "Je n'utilise pas de tissus ni de machine à coudre. J'associe un fil qui est aussi fin qu'un cheveu à de la corde qui est plutôt utilisé pour de la scénographie au théâtre ou dans la navigation", explique-t-elle. 

Ces créations confectionnées pour le musée Soulages tracent une ligne entre ses propres pièces figuratives et les tableaux abstraits du peintre décédé en 2022. Durant un an, accompagnée de son équipe, la plasticienne a travaillé à ce nouvel ouvrage qui rend hommage aux célèbres peintures de l'Outrenoir. De cette matière et de cette couleur monochrome, elle fait naître une figure féminine. Parmi elles, des corps de femmes identiques à celle des gisants que l'on trouve dans les cathédrales."À l’intérieur, on va retrouver des roses car leurs organes sont des fleurs", explique-t-elle.

Née en 1991, Jeanne Vicerial, avec sa vision personnelle de la confection vestimentaire, interroge le corps et la sculpture, avec depuis quelques années un environnement noir et complexe : des plis, des mannequins et des accessoires.

Ancienne pensionnaire de la Villa Médicis, ses créations ont notamment été exposées au Palais de Tokyo (Paris), au Palais Farnèse (Rome), à la Collection Lambert (Avignon), à la Maison Guerlain (Paris), à Lafayette Anticipations (Paris) et à la Manufacture de Roubaix. Ses œuvres sont entrées dans les collections du Centre national des arts plastiques et du Centre Pompidou (Paris). 

Le travail de Jeanne Vicérial est également présenté dans l’exposition Avant de voir le jour à la triennale Contemporaine de Nîmes.

Jeanne Vicérial au musée Soulages de Rodez jusqu'au 3 novembre 2024. 

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