Le futur musée du logement populaire cherche son HLM, de préférence en Seine-Saint-Denis

Ancien, bien desservi, si possible en Seine-Saint-Denis, encore habité serait un plus : les critères de l'immeuble recherché pour accueillir le premier musée français consacré au logement populaire et ses habitants ont été dévoilées samedi à Aubervilliers, près de Paris.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Immeubles HLM aux Lilas, en Seine-Saint-Denis, en décembre 2021. (MEHDI FEDOUACH / AFP)

"Nous recherchons un territoire emblématique des grandes transformations socio-économiques des banlieues populaires au cours du XXème siècle", a détaillé Diane Chamboduc, enseignante d'histoire-géographie et vice-présidente de l'Association pour un musée du logement populaire (Amulop).

Raconter l'histoire à travers les vécus 

Cette association, qui regroupe une quinzaine d'enseignants, chercheurs ou archivistes majoritairement issus de Seine-Saint-Denis, promeut le projet de musée pour raconter l'histoire à travers les vécus des habitants des banlieues. Les quelque 5.700 personnes venues au cours des neuf derniers mois visiter l'exposition dans la cité Emile-Dubois d'Aubervilliers - entre logements témoins, richesses documentaires et récits familiaux - l'encourage à poursuivre.

Prochaine étape : dégoter un lieu adéquat pour héberger un musée pérenne, à l'horizon 2024-2028. L'association en appelle aux bailleurs, offices publics d'habitats et pouvoirs publics pour dénicher la perle rare. "Un immeuble relativement ancien, au tournant du XIXème-XXème siècle" idéalement, pour "la profondeur historique", et desservi par les transports en commun pour faciliter son rayonnement touristique, a précisé Diane Chamboduc.

La Seine-Saint-Denis, "territoire idoine"

Son passé industriel et ouvrier, son peuplement "constitué des différentes vagues migratoires", ses grandes mutations urbaines mais aussi la "grande fragilité socio-économique d'une partie de sa population" font de la Seine-Saint-Denis "le territoire idoine pour raconter l'histoire sociale de la banlieue parisienne", assure l'Amulop.

Le futur musée veut incarner les parcours de vie des habitants "dans une démarche participative", divergeant en cela des exemples de la Cité radieuse à Marseille ou du Familistère de Guise (Aisne), pour se rapprocher du modèle du Tenement Museum dans le Lower East Side de New York. "Je veux que ce premier musée français soit en Seine-Saint-Denis", a déclaré Stéphane Troussel, président (PS) du conseil départemental, qui a lui-même grandi dans des tours.

"C'est la spécificité française que d'avoir le logement social comme un élément du patrimoine commun, en particulier pour ceux qui justement n'ont pas de patrimoine", a-t-il insisté, réaffirmant le soutien financier à l'association. Le musée racontera "une histoire de France certainement, mais aussi une histoire universelle" et surtout "une fierté d'être ici", loin des clichés, a pointé Emmanuel Bellanger, directeur du Centre d'histoire sociale des mondes contemporains, associé au projet.

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