"American sniper" : un film troublant mais passionnant

Le long-métrage de Clint Eastwood, qui sort ce mercredi, raconte l'histoire d'un tireur d'élite déployé en Irak avec d'autres soldats américains. Un personnage qui suscite la controverse ; certains y voyant un héros, d'autres le symbole de l'échec de cette guerre.

(Bradley Cooper dans "American sniper" © Warner Bros.)

Ambigu un jour, ambigu toujours, pourrait-on dire lorsqu'on évoque Clint Eastwood, car sa carrière, par-delà la légende, n'a cessé de se bâtir sur des malentendus, et c'est très exactement ce qui se passe avec "American sniper". De ceux qui encensent le film à ceux qui le vilipendent, chacun trouve dans American sniper, le dernier long-métrage de Clint Eastwood ce qu'il veut bien y trouver, du film de propagande au film pacifiste.

 

Encore une fois Clint Eastwood reste ambigu. Il s'intéresse à celui qui fut le sniper le plus meurtrier de la guerre en Irak, il se contente de livrer le portrait brut d'un cow-boy texan biberonné au patriotisme et aux armes à feu, d'un soldat d’élite obéissant, et convaincu d'être du côté du bien, d'un homme englué à son retour de la guerre dans le déni et le traumatisme. Il nous colle l'oeil derrière son viseur et nous laisse nous poser la question : Chris Kyle était-il un héros de guerre, un soldat sacrifié, un fou de la gâchette ?

American sniper, le dernier film de Clint Eastwood. Le reportage de Florence Leroy
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Le film renvoie chacun à ses propres valeurs. C'est troublant, certes, parfois glaçant mais c'est aussi passionnant.