A Menton, polémique autour de "Notre Dame des innocents", une sculpture qui fustige l'avortement

La première Biennale d'Art Contemporain de Menton qui a pour thème l'ode à la vie se déroule jusqu'au 31 octobre. Pami les 200 oeuvres exposées, "Notre-Dame-des-Innocents" : une vierge en bronze pleure la mort de sept bébés.

Détail de la statue \"Notre dame des Innocents\"
Détail de la statue "Notre dame des Innocents" (B. Loth / France Télévisions)

C'est une statue en bronze qui fait déjà couler beaucoup d'encre. Une oeuvre imposante installée à l'extérieur sur le parvis de l'hôtel des Ambassadeurs à Menton. La vierge Notre Dame des Innocents, signée Daphné du Barry se penche sur des enfants morts. L'artiste, d'origine néerlandaise, s'explique.

J'ai simplement voulu rendre un témoignage de la beauté que représente la vie. Combien d'enfants non nés auraient pu être des génies ?Daphné du Barry, sculptrice

Exposée parmi plus de 200 oeuvres contemporaines d'artistes venus du monde entier, cette oeuvre est une commande de la directrice de l'hôtel des Ambassadeurs de Menton. Cette fervente catholique voudrait faire de cette statue qui fustige les femmes ayant eu recours à l'avortement, un lieu de recueillement dans la ville.  

C'est des enfants dont on a pas voulu. En les sauvant elle essaye aussi de sauver les âmes des parents qui les ont jetés.Liana Marabini Présidente de la Biennale d'Art Contemporain Sacré

La  journée internationale pour le droit à l'avortement 

Alors que des rassemblements ont eu lieu à Paris et dans plusieurs ville de France  à l'occasion de la journée internationale pour le droit à l'avortement le 28 septembre dernier, cette statue exposée à Menton aux yeux de tous a de quoi faire réagir les responsables du planning familial qui demandent son retrait de la place publique. 

En fait pour nous ça participe de l'ambiance générale qui vise à culpabiliser les femmes qui avortent.Claire Morracchini, coordinatrice du Planning familial

Pour les militantes de l'IVG, le droit à l'avortement (Loi Veil du 17 janvier 1975) reste toujours fragile. Selon le Planning familial, en 2018, 47.000 femmes sont mortes dans le monde des suites d'un avortement clandestin. Un droit pourtant fondamental rappelé récemment par la ministre de la santé qui prévoit des mesures pour le conforter.