Vidéo Coupe du monde 2022 : le maillot noir du Danemark, l’autre emblème de l’engagement sur les droits de l’homme au Qatar

Chaque jour, dans le monde est foot, Jean-Marc Four donne un coup de projecteur sur les liens entre politique et ballon rond.
Article rédigé par
Jean-Marc Four - franceinfo
Radio France
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Le troisième maillot du Danemark. (Hummel)

Ce qu’on surveillera aussi samedi 26 novembre lors du match France-Danemark dans ce Mondial au Qatar, c’est l’extra-sportif. Après les footballeurs allemands se couvrant la bouche comme avec un bâillon, y’aura-t-il d’autres gestes pour dénoncer la situation des droits de l’homme au Qatar ? Très possible avec le Danemark.

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Le Danemark est avec l’Allemagne, l’autre pays en pointe sur ce sujet. Et cette dénonciation s’incarne dans un maillot noir. Les Danois possèdent trois maillots officiels pour la compétition : un tout rouge, un tout blanc, et un tout noir. Plus ostensible encore, les maillots d’entraînement choisis au départ par le Danemark. On y lisait l’inscription : "Droits de l’homme pour tous" en anglais. Mais vous le savez, la Fifa, la Fédération Internationale de football, a décidé de les interdire, dix jours avant la compétition. Tout comme le brassard arc-en-ciel en soutien à la cause LGBT. Depuis la fédération danoise est vent debout. Son président se dit "en colère", quasiment en rupture avec la Fifa. L’ancienne Première ministre danoise, Helle Torning Schmidt est déjà venue au stade avec des couleurs arc-en-ciel. L’opinion publique danoise pousse elle aussi à la mobilisation.

Au-delà du Danemark, tous les pays nordiques sont engagés dans cette dénonciation même si les quatre autres nations, la Norvège, la Suède, la Finlande et l’Islande ne se sont pas qualifiées pour la compétition. Le Danemark se retrouve seul porte-drapeau. Pourtant au départ, c’est en Norvège que le mouvement de contestation est né. La fédération norvégienne de football a même organisé un référendum parmi ses instances et ses clubs pour décider d’un éventuel boycott : l’idée avait été rejetée. Malgré le soutien de plusieurs clubs, notamment celui de Tromso. Les joueurs norvégiens, dont la star Erving Haaland, ont également arboré le maillot "Human rights, Droits humains." Dans le même esprit, la Suède, en 2021, a renoncé à une tournée de son équipe nationale au Qatar, là encore en signe de protestation. Le capitaine de la Finlande, Tim Sparv, a lui lancé un appel avec Amnesty International. On voit bien là que les pays nordiques et aussi anglo-saxons – comme l’Allemagne, souvent marqués par la social-démocratie, attachent une importance plus forte que les autres à la question des droits de l’homme. Et ils font aussi preuve d’un certain esprit d’indépendance vis-à-vis de la Fifa.

Le sentiment du "deux poids, deux mesures"

Ailleurs dans le monde la mobilisation sur ce sujet parmi les équipes présentes au Mondial, est quasi inexistante, si ce n’est aux États-Unis et en Australie. Les footballeurs australiens ont tourné une vidéo de soutien aux droits LGBT. Mais sinon, ces débats sur le boycott et les droits de l’homme au Qatar sont presque inexistants en Afrique, en Asie, en Amérique Latine, au Moyen-Orient. Il n’y a quasiment pas de reportages sur ces questions. Donc évidemment pas de sujet signifie: pas de polémique.

Au Moyen-Orient et dans le monde arabe, on entend aussi un autre argument. Celui du "deux poids deux mesures". L’Europe dénonce le sort des travailleurs migrants au Qatar mais laisse mourir en Méditerranée les migrants qui cherchent à rejoindre les côtes européennes. Autrement formulé, les Européens feraient mieux de balayer devant leur porte avant de donner des leçons aux autres. Il y a même une expression pour ça en arabe, "c’est l’histoire du dromadaire qui ne voit pas sa bosse."

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