Cinéma : le modèle français remis en question

a revoir

Présenté parDavid Pujadas

Diffusé le 17/12/2013Durée : 00h40

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"Le plus beau pays du monde" à découvrir ce soir à partir de 20H45. Le dossier de cette édition sur le cinéma français. On l'a beaucoup dit, grâce au modèle culturel hexagonal, il a résisté au rouleau compresseur américain. Il reste une force écnomique et une force d'attraction. Oui mais ce modèle est-il en train de s'essouffler ? Est-il en train de dériver? La cour des comptes doit rendre un rapport dans 3 mois. Dans ses observations préalables, elle pointe une inflation des coûts.

Connaissez-vous "Mes séances de lutte" ou "Gare du Nord"? Ces films n'ont attiré que quelques milliers de spectateurs. Pourtant, ils ont touché de nombreuses aides: crédits d'impôts, niches fiscales, avances sur recettes. La Cour des comptes inspecte ce "maquis" en ce moment. Comment sont financés les films français dont la plupart ne sont pas rentables ? Y a-t-il trop d'argent public dans le cinéma. Un producteur a ouvert ses comptes pour nous.

Tout le travail est là, fiches de paie.

Il a produit l'un des plus gros succès de cette année, un film dont le budget s'élève à 26 millions d'euros. Lui et ses associés ont contribué à hauteur de 5 millions d'euros, les chaînes de télévision 7 millions, les distributeurs 11. Il a également touché 1 million d'euros de crédit d'impôts, 1,5 du CNC et 100 000 euros de la région Dordogne.

On a touché 1 million de crédit d'impôts, on en a dépensé 16. On ne peut pas estimer que c'est une subvention. C'est un rapport de gagnant-gagnant. Si on n'avait pas le crédit d'impôts, on en aurait dépensé la moitié en France.

Vous auriez tourné ailleurs.

Oui, ailleurs, on aurait été chercher une autre aide.

Les aides au cinéma soutiennent toute une filière. Au total, tous dispositifs confondus, près de 770 millions d'E. Les 3/4 de cet argent ne vient pas de nos impôts. IL s'agit d'une taxe prélevée sur chaque ticket de cinéma, 1 euro par entrée. François Garçon est enseignant, il dirige le Master cinéma à La Sorbonne. Il s'insurge contre l'avance sur recette qui profite aux cinéastes dont les films sont rarement des succès.

Lorsque vous en êtes à votre 20e film, et que vous l'obtenez régulièrement, soit 500 ou 600 000 euros, c'est que le modèle économique du cinéma français est mort.

Costa Gavras touche régulièrement des avances sur recettes. Il défend ce système mais, selon lui, ce financement favoriserait la surproduction de films.

Plus il y a des films, moins les films ont le temps de s'installer. Or un film marche beaucoup avec le bouche-à-oreille. Quand il ne reste qu'une ou deux semaines, c'est comme si un supermarché avait énormément de patates à vendre et qu'il les brade.

L'an dernier, 279 films ont été produits en France, un record en Europe.

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