Décès d'Alain Devaquet : le père de la réforme de l'université "n'était pas pour augmenter les droits d'inscription"

Après l'annonce dimanche de la mort de l'ancien ministre de l'Enseignement supérieur, Alain Devaquet, l'historien Claude Lelièvre a expliqué sur franceinfo que les manifestations étudiantes qu'il avait déclenchées sont le fruit d'une "surenchère".

Le ministre de l\'Ensignement supérieur, Alain Devaquet, à l\'Assemblée nationale le 4 novrembre 1986.
Le ministre de l'Ensignement supérieur, Alain Devaquet, à l'Assemblée nationale le 4 novrembre 1986. (PHILIPPE BOUCHON / AFP)

Selon Claude Lelièvre, historien spécialiste des questions d'éducation, Alain Devaquet "n'était pas pour augmenter les droits d'inscription.On lui a attribué ça, c'était en partie faux. Il en était très ulcéré, très meurtri" a-t-il expliqué dimanche 21 janvier sur franceinfo après l'annonce dimanche de la mort, à 75 ans, de l'ancien ministre en charge de l'Enseignement supérieur, connu pour avoir mené le projet de réforme de l'université en 1986, qui a déclenché une importante contestation des étudiants.

Pour Claude Lelièvre, "Alain Devaquet voulait que tout étudiant bachelier puisse aller à l'université mais pas automatiquement là où il le voulait. En revanche, il y avait une surenchère de la part du conseiller de Jacques Chirac, qui était de dire qu'il n'était pas assuré qu'avec le bac on pouvait avoir un droit d'entrée à l'université. Et c'est ce qu'ont compris les étudiants", a précisé l'historien.

Projet finalement retiré 

Les syndicats lycéens et étudiants se sont mobilisés pendant plusieurs semaines pour protester contre cette réforme. Le projet de réforme avait finalement été abandonné après la mort de Malik Oussekine, un étudiant tué à coups de matraques par des policiers, en marge d'une manifestation. "Tout s'est arrêté, il n'y a pas eu de réforme de l'entrée à l'université ni de réforme du bac", relate Claude Lelièvre. Par la suite, Alain Devaquet avait démissionné.

Après l'annonce de sa disparition, le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a salué, sur Twitter, la mémoire "d'un grand universitaire et d'un honnête homme à la recherche de l'intérêt général".