Ce que l'on sait de la fuite des sujets du bac pour laquelle quatre personnes ont été mises en examen

Les sujets de l'épreuve de mathématiques, que les élèves ont passé vendredi 21 juin, ont fuité avant l'heure dans quelques établissements.

Des lycéens passent le bac à La Réunion, le 15 juin 2017.
Des lycéens passent le bac à La Réunion, le 15 juin 2017. (RICHARD BOUHET / AFP)

L'enquête s'intéresse à des soupçons de fraude concernant les épreuves de mathématiques au bac. Deux candidats et un couple de trentenaires ont été mis en examen et placés sous contrôle judiciaire, a annoncé le parquet de Paris vendredi 5 juillet. Que s'est-il passé ? Voici ce que l'on sait de cette affaire.

Qui sont les personnes mises en examen ?

Deux jeunes ont été mis en examen. Il s'agit de deux candidats au baccalauréat qui ont passé l'épreuve de mathématiques, vendredi 21 juin. Les deux autres personnes concernées sont un homme, surveillant au lycée Ozar-Hatorah de Créteil (Val-de-Marne), un établissement privé sous contrat connu pour ses excellents résultats, et sa compagne. Ils sont tous les deux âgés de 37 ans, selon Le Parisien

Que s'est-il passé ?

Le surveillant, en poste dans l'établissement où les sujets étaient gardés sous coffre, d'après Le Parisien, "a reconnu avoir confié l'intitulé d'un sujet de géographie à un élève", relate le quotidien. Il a ensuite photographié le sujet de maths et l'a envoyé à "un ou deux élèves" de son établissement. Les deux lycéens auraient, pour obtenir le sujet, payé 1 600 euros avant de transmettre le document à d'autres lycéens via la messagerie Whatsapp.

"Mon client a été pris en tenaille entre la situation d'un établissement privé qui a besoin de résultats et des élèves avec qui il cultive une proximité au quotidien et qu'il peut facilement contacter", a défendu auprès du Parisien l'avocat du surveillant, Me Samuel Habib.

Sous quels chefs sont-ils poursuivis ?

Le jour des résultats du bac, les deux candidats ont été mis en examen pour "fraude aux examens" et "recel d'abus de confiance". Le surveillant a lui été mis en examen pour "abus de confiance" et "complicité de fraude aux examens". Sa compagne, soupçonnée d'avoir transmis le sujet aux deux candidats, est pour sa part poursuivie pour "complicité de fraude aux examens" et "recel d'abus de confiance".

Combien d'élèves ont pu avoir accès aux sujets ?

Le ministère de l'Education nationale l'assure : la zone géographique concernée par les fuites est "extrêmement limitée". Il s'agit de "trois à quatre établissements en Ile-de-France dans lesquels quelques élèves, quelques candidats auraient reçu par des réseaux privés et non pas par des réseaux sociaux les sujets en amont des épreuves", indique Jean-Marc Huart, numéro 2 du ministère. "Compte tenu du caractère extrêmement limité de cette fuite", le ministère a donc choisi de ne pas "reconvoquer les 354 000 candidats".

Toutefois, un bachelier du 16e arrondissement de Paris a assuré au Parisien que "tous les lycéens du 16e avaient eu connaissance de ce sujet le matin de l'épreuve". Le site de 20 Minutes évoque également un élève du 15e arrondissement de Paris au courant du sujet avant le jour J.

Où en est l'enquête ? 

Dès vendredi 21 juin, le ministère de l'Education nationale a déposé plainte, rapportant que les sujets de mathématiques des séries générales avaient été relayées "par messagerie privée Whatsapp ou par SMS". Une enquête a alors été ouverte par le parquet de Paris dans la foulée et les investigations confiées à la brigade de répression de la délinquance à la personne (BRDP) de la police judiciaire parisienne. Dans le cadre de cette enquête, 21 personnes ont ensuite été placées en garde à vue et 17 d'entre elles ont été remises en liberté. Après la mise en examen des quatre suspects, "les investigations se poursuivent", précisent les autorités.