Au Yémen, des soldats de la coalition dans les rues d'Aden pour la première fois

Jusque-là, la coalition menée par l'Arabie Saoudite se contentait de bombardements aériens.

Des partisans du président Abd Rabo Mansour Hadi, le 2 mai 2015, près de l\'aéroport d\'Aden (Yémen).
Des partisans du président Abd Rabo Mansour Hadi, le 2 mai 2015, près de l'aéroport d'Aden (Yémen). (SALEH AL-OBEIDI / AFP)
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Des militaires "en nombre limité" de la coalition conduite par l'Arabie saoudite ont été vus pour la première fois, dimanche 3 mai, dans les rues d'Aden, dans le sud du Yémen. Ils sont venus épauler les combattants qui affrontent les rebelles chiites Houthis, selon des responsables locaux.

Mais à Ryad, le porte-parole saoudien de la coalition, le général de brigade Ahmed Al-Assiri, a nié qu'il s'agisse du début d'une offensive terrestre majeure. "Je peux assurer qu'il n'y a eu aucun débarquement dimanche à Aden", a-t-il dit. Jusqu'à présent, l'intervention de la coalition arabe, déclenchée le 26 mars, se limitait à des bombardements aériens, particulièrement intensifs.

Une "force limitée"

Un responsable provincial a affirmé qu'une "force limitée de la coalition est arrivée" dans la grande ville portuaire, et un chef de la "résistance populaire", un collectif de forces combattant les Houthis, a confirmé la présence d'éléments militaires de la coalition au sol à Aden.

La chaîne de télévision panarabe Al-Jazeera a diffusé dans l'après-midi des images d'un groupe de soldats, casqués et armés, en train de marcher dans le quartier de Khor Maksar, près de l'aéroport. Un vidéaste de l'AFP a lui aussi fait état de la présence de ces militaires, visiblement mécontents d'être filmés.

Plus de 1 200 morts depuis le début de l'intervention

Les soldats de la coalition déployés à Aden n'excèdent pas quelques dizaines d'hommes, et sont pour certains d'origine yéménite mais appartiennent aux forces armées de l'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, selon d'autres sources de la "résistance populaire". L'Arabie saoudite fait l'objet de critiques croissantes pour la campagne militaire qu'elle mène depuis plus de cinq semaines au Yémen avec huit autres pays arabes, majoritairement sunnites.

L'objectif de l'opération est d'y rétablir le gouvernement légitime et de faire reculer les Houthis, soutenus par l'Iran chiite, qui ont conquis de vastes territoires, dont la capitale Sanaa, depuis septembre 2014. Mais le nombre de victimes civiles ne cesse d'augmenter - plus de 1 200 personnes sont mortes depuis la mi-mars, selon l'ONU - et la situation humanitaire est régulièrement qualifiée de catastrophique.