Le seuil de 500 loups en France est en passe d'être atteint

Ce seuil de 500 individus était l'objectif fixé pour 2023 dans le "plan loup" du gouvernement.

Un loup dans la vallée de la Doller, dans le Haut-Rhin, le 28 mars 2018.
Un loup dans la vallée de la Doller, dans le Haut-Rhin, le 28 mars 2018. (BRUNO MATHIEU / BIOSPHOTO / AFP)

Réapparu il y a moins de 30 ans en France, le loup continue à étendre son territoire et devrait dépasser cet hiver un seuil pour la viabilité de cette espèce protégée. En six mois, la population est passée de 74 à 85 zones de présence permanente, dont 72 meutes (au moins trois individus ou avec une reproduction avérée), selon le bilan estival publié jeudi 6 décembre par l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Au vu de l'évolution des données, "il est probable que l'effectif en sortie d'hiver 2018/2019 dépasse les 500 loups", contre environ 430 à la fin de l'hiver précédent, estime l'ONCFS.

Ce chiffre de 500 "correspond à un premier seuil de viabilité démographique", souligne l'ONCFS. La "viabilité démographique" est l'aptitude de la population, à moyen terme (100 ans), à résister au risque d'extinction, face à des aléas de survie et de fécondité d'autant plus forts que les effectifs sont restreints. Il s'agit en outre de l'objectif fixé pour 2023 dans le "plan loup" du gouvernement. Ce plan, présenté début 2018 par Nicolas Hulot et très critiqué des éleveurs d'ovins, prévoyait un réexamen du dispositif de "gestion" de la population une fois ce seuil atteint.

Jadis présent partout en France avant d'être éradiqué, le loup est revenu naturellement au début des années 1990, par l'Italie. Selon ce dernier bilan, sa présence continue de se densifier dans les régions alpines et provençales. Il explore aussi des territoires moins familiers, avec une "augmentation perceptible" en Occitanie (Aude, Aveyron, Gard, Lozère). Davantage de communes constatent une présence régulière dans une zone entre Vosges et Meurthe-et-Moselle, et dans la Nièvre. Des informations ponctuelles sont recueillies dans le Cantal, en Corrèze, en Côte-d'Or, dans la Creuse, le Jura, la Somme et le Tarn, qui doivent cependant être confirmées sur la durée.