Vidéo De 25 euros le kilo en République démocratique du Congo à 500 euros au Vietnam, "Envoyé spécial" a enquêté sur le trafic des écailles de pangolin

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Envoyé spécial. Du Congo au Vietnam, le trafic des écailles de pangolin
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France Télévisions

Accusé à tort d'être le vecteur du Covid-19, le pangolin serait-il victime d'une malédiction ? Le petit mammifère en voie d'extinction fait l'objet d'un trafic international impitoyable. En Afrique, il est braconné pour sa viande mais aussi pour ses écailles, exportées clandestinement en Asie pour leurs supposées vertus médicinales. Extrait d'"Envoyé spécial" à Vinh, au Vietnam, où certaines pharmacies en font commerce.

Le pangolin, c’est l’histoire d’une malédiction. Le petit mammifère accusé à tort d’être responsable de la transmission du Covid-19 est aussi le plus braconné au monde. Plus d’un million de pangolins ont été tués ces dix dernières années. Ils sont chassés en Afrique pour leur viande, et leurs écailles sont très prisées en Asie pour leurs supposées vertus médicinales. Censé être intégralement protégé, le pangolin fait pourtant l’objet d’un trafic international impitoyable. Il est aujourd’hui en voie d’extinction. De la République démocratique du Congo jusqu'au Vietnam, "Envoyé spécial" a suivi sa piste.

En Asie où ils étaient nombreux, les pangolins ont pratiquement disparu, d'où des importations massives en provenance d'Afrique. En 2018, les douaniers vietnamiens ont mis la main sur 11 tonnes d'écailles arrivant de RDC : le résultat du massacre de dizaines de milliers de pangolins. Pour limiter les importations illégales, les autorités vietnamiennes ont récemment durci la législation : les trafiquants risquent aujourd’hui jusqu'à quinze ans de prison.

Cachées dans des bateaux ou des avions, des centaines de tonnes d'écailles quittent chaque année l'Afrique pour l'Asie

Malgré des saisies à répétition, rien ne semble stopper le trafic, contrôlé par des mafias locales. Chaque année, cachées dans des bateaux ou des avions, des centaines de tonnes d’écailles continuent à quitter clandestinement l’Afrique à destination de l’Asie. Une équipe d’"Envoyé spécial" a enquêté à Vinh, une ville de 500 000 habitants au nord Vietnam, à 300 kilomètres de la capitale Hanoï. Les journalistes ont dû tourner en caméra cachée, et il leur a fallu plus d'une semaine pour obtenir une adresse où ils pourraient se procurer ces écailles interdites.

Au cœur du grand marché de la ville, la pharmacie de la Longévité n'a rien de clandestin. On y trouve toutes sortes de remèdes, de la médecine traditionnelle jusqu'à certains produits totalement prohibés. Comme des écailles de pangolin cachées sous le comptoir, à 10 000 kilomètres de l'Afrique... A en croire les vendeuses, cuites "dans du sable bien chaud, dans une poêle bien sèche" puis réduites en poudre, elles stimuleraient la fertilité, et celles des griffes seraient particulièrement bénéfiques pour l’allaitement… Pour 25 euros, on peut en acquérir 50 grammes.

De 25 euros le kilo sur le marché de Mbandaka en République démocratique du Congo à 500 euros dans les arrière-boutiques vietnamiennes, le prix des écailles a été multiplié par vingt. Un bénéfice record pour les trafiquants...

Extrait de "La malédiction du pangolin", un reportage à voir dans "Envoyé spécial" le 10 juin 2021.

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