Creuse : une enquête ouverte après l'appel d'un syndicat d'agriculteurs à "tuer le loup sans rien dire"

Plusieurs attaques de brebis ont eu lieu fin décembre dans ce département, près de la commune de Féniers.

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Un loup qui s'est enfui d'un élevage sur une route de la Cruse, près de Guéret, le 2 février 2000. (MAXPPP)

La secrétaire d'Etat à la Biodiversité, Bérangère Abba, a annoncé, dimanche 22 janvier sur Twitter, l'ouverture d'une enquête après qu'un syndicat d'agriculteurs a appelé les éleveurs à abattre des loups dans la Creuse. Plusieurs attaques de brebis ont eu lieu fin décembre dans ce département, près de la commune de Féniers, selon France 3 Nouvelle-Aquitaine. L'office français de la biodiversité a confirmé qu'un ou plusieurs loups étaient probablement à l'origine de ces prédations.

Face à cette situation, la préfecture de la Creuse a pris un arrêté autorisant les tirs d'effarouchement. Ils ne peuvent être pratiqués que par cinq lieutenants de louveterie et ne visent pas à tuer l'animal, cette espèce étant protégée. Mais la mesure est jugée insuffisante par les éleveurs. "Cet arrêté est d'un ridicule exemplaire. (...) La profession demande à avoir droit à des tirs de défense", a réagi le président de la FDSEA de la Creuse, contactée par France 3 Nouvelle-Aquitaine.

"Tuer ou appeler à tuer une espèce protégée est illégal"

Un autre syndicat est allé encore plus loin. Florian Tournade, président de la Coordination rurale de la Creuse, a déclaré samedi à France 3 : "Pour nous la solution, c'est le poison et le plomb. On invite les agriculteurs à prendre leur fusil de chasse et à tuer le loup sans rien dire. Il faut faire ça discrètement pour faire disparaître les cadavres. La coordination rurale remboursera le plomb et le sac de chaux."

Interpellée sur Twitter, la secrétaire d'Etat à la Biodiversité a jugé "surréaliste" qu'un "représentant syndical prône l'usage des armes et la dissimulation de preuves pour s'affranchir des règles de droit". "Tuer ou appeler à tuer une espèce protégée est illégal", a rappelé Bérangère Abba dimanche, annonçant l'ouverture d'une enquête.

De son côté, la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a annoncé que "les services du ministère (s'étaient) saisis du dossier". Comme le rappelle France 3 Nouvelle-Aquitaine, le braconnage du loup est un délit passible de trois de prison et 150 000 euros d'amende. L'incitation à commettre ce délit est, elle aussi, passible de poursuites.

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