Vétérinaires : le profond malaise d'une profession, entre agressions et surcharge de travail

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Vétérinaires : le profond malaise d'une profession entre agressions et surcharge de travail
Article rédigé par
P.-Y.Salique, Y.Relat, L.Le Moigne, M.Hauville, G.Gheorghita, D.Gac, J.Cordier - France 2
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Menaces physiques, verbales, temps de travail jusqu'à 80 heures par semaine en milieu rural, 40 % d'abandons cinq ans après la sortie d'école. Le métier de vétérinaire et ses contraintes font déchanter de nombreux passionnés au point que certaines zones viennent à manquer de professionnels de la santé animale. 

Après les médecins, les vétérinaires. Les violences envers les professionnels de santé, que ce soit avec les humains ou les animaux, se multiplient. Chez les vétérinaires, deux agressions par semaine en moyenne sont signalées en région parisienne. La plupart du temps, ces violences sont verbales, mais parfois, elles dérivent physiquement. "Le plus souvent, on a des adorables, d'un côté et de l'autre, mais de temps en temps, on peut avoir le patient animal agressif voire même le client qui peut être lui aussi agressif", témoigne le docteur Doan Tran, vétérinaire au Plessis-Trévise (Val-de-Marne). Il a subi une menace de mort au téléphone après avoir refusé une euthanasie qu'il ne jugeait pas responsable. 

Jusqu'à 80 heures par semaine

Des agressions qui se concentrent dans les milieux urbains. Dans la ruralité, le mal-être des vétérinaires trouve pour cause des rythmes de travail infernaux. Certains montent jusqu'à 80 heures en moyenne par semaine, nuits comprises. "On est de garde la nuit, on travaille la veille et le lendemain", illustre le docteur Frédéric Simon, vétérinaire à Évron (Mayenne). En alerte toute la journée avec des rendez-vous importants qui se succèdent en urgence, les vétérinaires sont sous pression. Sans compter les abattages de masse, demandés aux vétérinaires, notamment ces derniers mois à cause de la grippe aviaire. Des facteurs qui raréfient le nombre de vétérinaires en campagne. 40 % de la profession abandonne moins de cinq ans après avoir été diplômée.

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