Un refuge pour poissons rouges à Paris, pour éviter de "les tuer lentement" dans un bocal

L’aquarium de Paris recueille les poissons rouges des particuliers qui n’en veulent plus. Une façon aussi de faire de la pédagogie sur leurs besoins vitaux.

L\'aquarium du Trocadéro, à Paris, accueille les poissons rouges des particuliers (illustration).
L'aquarium du Trocadéro, à Paris, accueille les poissons rouges des particuliers (illustration). (KATHERINE DELACRUZ / EYEEM)

Le refuge de l’aquarium du Trocadéro, à Paris, héberge les poissons rouges dont nous ne souhaitons plus nous occuper. Depuis deux ans, une cinquantaine d'animaux environ sont accueillis chaque mois. Le simple fait d’avoir un poisson rouge enfermé dans un bocal relève de la maltraitance animale, confient les responsables de l'aquarium à France Bleu Paris.

"On n’est plus habitué à voir des poissons rouges de la bonne taille. Accueillir un poisson rouge dans un bocal, ce n’est pas bien. Comme tous les animaux qui sont contraints, ils arrêtent de grandir", explique le directeur de l’aquarium, Alexis Powilewicz. Certains poissons ici dépassent effectivement les 20 centimètres. L'ennemi juré de ce spécialiste, c'est le bocal, ce récipient rond, que l’on trouve en vente partout en France.

Le poisson rouge a besoin d'évoluer dans un aquarium de 100 litres, équipé d'un système de filtration de l'eau. Autrement, cela revient à le tuer lentement.Alexis Powilewicz, directeur de l'aquarium du Trocadéro

Certains propriétaires l'ont bien compris et se présentent spontanément à l'aquarium. "Il y a deux catégories : les parents consternés parce que leur enfant a gagné lors d’une fête foraine un poisson rouge et des particuliers qui se rendent compte que le poisson ne peut pas rester dans ces conditions et là, ils nous les apportent", raconte Alexis Powilewicz.

Trois ans d'espérance de vie en bocal, dix dans la nature

Une démarche qui plaît aussi aux visiteurs, comme Mathieu : "Ils sont beaucoup mieux ici qu’abandonnés dans une fontaine, un étang ou un lac." Lui-même possède un poisson rouge : "On s’en occupe bien", assure-t-il. Mais pourtant, face au directeur, Mathieu déchante vite : "Est-ce que l’aquarium fait 100 litres ?", demande Alexis Powilewicz. "Si ce n’est pas le cas, vous élevez en fait votre poisson à la dure. Donc il va vivre trois ou quatre ans, alors que dans la nature, ce serait dix ans." L’échange fait réagir Mathieu : "On a un autre aquarium plus grand dans la cave. Donc on va peut-être changer."

Mathieu peut aussi le laisser à l'aquarium, dans l’un des bassins. Avec quatre millions de litres d'eau disponibles, il reste de la place pour de nombreux poissons rouges.