Rapport Dombreval sur le droit des animaux : "Les magistrats vont peut-être appliquer des peines beaucoup plus sévères", espère 30 millions d'amis

La Fondation aimerait par ailleurs un fichier qui recense les adoptants et que, dès lors qu'il y a abandon, on puisse les retrouver et leur interdire "de prendre un autre animal". 

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La maltraitance animale au coeur d'un rapport remis mardi 23 juin au Premier ministre (illustration). (JOUHANNAUD THOMAS / MAXPPP)

Alors que le député LREM Loïc Dombreval, président du groupe "Condition animale" à l’Assemblée nationale, rend mardi 23 juin au Premier ministre un rapport contenant 120 propositions pour défendre les droits des animaux, la présidente de la Fondation 30 millions d’amis Réha Hutin dénonce sur franceinfo le fait qu’on "écope d'une contravention moindre pour la maltraitance animale que pour une voiture mal garée".

franceinfo : Que pensez-vous de ce rapport ?

Réha Hutin : Ça fait un an que nous travaillons à ses côtés, nous sommes allés à toutes les consultations. Je ne peux que me réjouir qu'il ait repris de nombreux points que nous avons proposés. On écope d'une contravention moindre pour la maltraitance animale que pour une voiture mal garée. Nous qui sommes partie civile dans plus de 100 cas de maltraitance et de cruauté chaque année, nous nous retrouvons confrontés à des peines ridicules. 

La peine pour cruauté, qui est quand même de deux ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende, n'est jamais appliquée. 

Réha Hutin, la présidente de la Fondation 30 millions d’amis

à franceinfo

Quand on vous vole un objet, là, c'est 45 000 euros d'amende et trois ans d'emprisonnement. En 2016, la Fondation a réussi à faire reconnaître l'animal comme un être vivant et sensible par le Code civil, qui est le fondement du droit français, et donc il faut que ça rentre dans les mœurs. C'était un grand tournant. Aujourd'hui, les magistrats vont peut-être prendre en considération le fait que c'est un être vivant et appliquer des peines beaucoup plus sévères.

Le député souhaite qu’il ne soit plus possible d’acheter des animaux domestiques en animalerie. Soutenez-vous cette proposition ?

Ça fait des années que nous luttons pour cela parce que ce sont des achats coup de coeur. On vend ces animaux comme des produits de consommation. On les vend parfois à crédit. C'est scandaleux. Sans donner aucune espèce d'information sur l'animal, sans préparer les gens. C'est aussi la porte ouverte à tous les trafics venus des pays de l'Est. Ce sont des élevages industriels qui font du dumping en France, avec des animaux qui sont en mauvais état, qui meurent en passant les frontières par milliers. Et ces achats coup de coeur sont évidemment la base des abandons.

Les abandons ont-ils augmenté pendant le confinement ?

Comme les gens ne pouvaient pas se déplacer, il n’y a pas eu cette espèce de déferlement d'abandons. C'est maintenant que ça va se passer. C'est à l'arrivée de l'été. C'est pour ça que la Fondation a mis en place un dispositif, nosvacancesentreamis.com, pour aider les personnes à pouvoir partir à la dernière minute. C'est une plateforme digitale qui vous permet de trouver tous les endroits qui vous recevront avec votre animal via une carte interactive. Tout ça, ce sont des mesures que nous essayons de prendre pour que l’abandon ne soit pas une solution.

Nous sommes les champions d’Europe des abandons.

Réha Hutin

Comment la France est devenue le pays européen où il y a le plus d’abandons d’animaux ?

Nous sommes déjà le premier pays à avoir des animaux de compagnie, même devant les Anglais. La France est un pays pastoral, on est numéro un aussi en possesseurs d'animaux de compagnie. Jusqu'à aujourd'hui, il n'y a jamais eu de véritable volonté politique, c'est pour ça que je me réjouis de cette commission de Loïc Dombreval parce que c'est la première fois qu'on se penche et on essaie de trouver des moyens. La Fondation 30 millions d'amis a mis en ligne une pétition qui est adressée au ministre de l’Agriculture car il faut vraiment qu'on puisse signer cette pétition et que les législateurs voient que l'opinion publique est prête à des changements. Ce que j'aimerais qu'on puisse mettre en place, c'est un véritable fichier lorsqu'on achète ou qu'on adopte un animal, et donc lorsqu’on l'abandonne, on le retrouve dans le fichier et on vous interdit de prendre un autre animal.  Aujourd’hui, il n'y a pas de suivi. Il faut vraiment que les associations et les vétérinaires soient assermentés parce qu’il n'y a pas de contrôle et la seule façon de donner une identité à votre animal, c’est de le tatouer.

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