Au Mexique, un zoo refuse de transférer une ourse polaire dans un climat plus frais

Selon une ONG canadienne, Yupik a perdu "30% de sa masse musculaire et de sa couche de graisse naturelle, en raison de la chaleur extrême dans laquelle elle a été forcée de vivre".

L\'ourse polaire Yupik nage dans son bassin, dans le zoo de Morelia (Mexique), le 20 mars 2018.
L'ourse polaire Yupik nage dans son bassin, dans le zoo de Morelia (Mexique), le 20 mars 2018. (ENRIQUE CASTRO / AFP)

"Le zoos bafoue un accord international et empêche l'ourse Yupik de vivre dans un environnement propice." L'ONG canadienne Zoocheck a dénoncé, mercredi 21 mars, le refus de l'Etat du Michoacan, au Mexique, réputé pour son climat chaud, et du zoo de Morelia de transférer une ourse polaire vers le Royaume-Uni, où le climat est plus frais et plus adapté pour l'animal. "Elle a perdu 30% de sa masse musculaire et de sa couche de graisse naturelle, en raison de la chaleur extrême dans laquelle elle a été forcée de vivre", dénonce Zoocheck sur son site (en espagnol).

Yupik est née dans les forêts d'Alaska, avant de se retrouver orpheline. En 1992, le zoo de Morelia a demandé et obtenu des autorités américaines l'autorisation de recueillir l'animal, s'engageant à lui assurer des conditions de vie standard. Mais un examen médical a révélé en 2017 que l'ourse polaire souffrait des conséquences d'une infection liée à ses conditions de vie dans un climat chaud et dans un environnement trop confiné et inadapté à son espèce.

En novembre 2017, le zoo de Morelia et le gouvernement de l'Etat de Michoacan ont donc signé une convention de transfert de Yupik vers le parc britannique de Yorkshire Wildlife, où lui étaient garanties des conditions d'existence adaptées, l'ONG Zoocheck s'engageant à couvrir toutes les dépenses.

Un transfert annulé sans raison

Cependant, "sans prévenir et deux semaines avant la date de transfert prévue, le 9 mars", le gouverneur de l'Etat, Silvano Aureoles, a pris une "décision unilatérale de maintenir Yupik dans le zoo de Morelia. Sans fournir la moindre explication justifiant de ne pas respecter l'accord conclu", affirme Zoocheck. "Notre ourse polaire continuera de recevoir toute l'attention nécessaire au zoo de Morelia et surtout toute l'affection des habitants du Michoacan", a tweeté le gouverneur le 24 février.

Si le gouvernement de Michoacan persiste à vouloir conserver l'ourse, qui a passé plus de 20 ans en captivité, "il pourrait s'exposer à un conflit diplomatique avec les Etats-Unis afin de faire respecter l'accord conclu en 2017", estime de son côté Oscar Velez, représentant de Zoocheck au Mexique.