Vidéo de L214 : "Chaque fois on découvre des choses de plus en plus horribles", dénonce le fondateur de Meetic, l'un des initiateurs du RIP sur la condition animale

Après la diffusion d'une nouvelle vidéo choc par l'association L214 dans une exploitation de canards, Marc Simoncini réclame plus de "contrôles inopinés" dans les exploitations. Le fondateur de Meetic est l'un des initiateurs du projet de référendum d'initiative partagée sur la condition animale.

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Marc Simoncini, fondateur de Meetic. (AUBOIROUX / MAXPPP)

"Chaque fois on découvre des choses de plus en plus horribles", a réagi sur franceinfo jeudi 20 août Marc Simoncini, le fondateur de Meetic, à la dernière vidéo de l'association L214 sur les conditions d'élevage de canards dans une exploitation de Lichos. Il fait partie des initiateurs du projet de référendum d'initiative partagée sur la condition animale lancé en juillet. "C'est toujours à l'initiative d'associations que ces scandales éclatent, et c'est très rarement à l'initiative de contrôles inopinés qui pourraient être faits par les services vétérinaires officiels." Le référendum projette d'inscrire dans la loi six mesures pour lutter contre la maltraitance animale. "77% des gens dits ruraux soutiennent nos mesures", affirme-t-il.

franceinfo : Comment réagissez-vous à la dernière vidéo de L214, qui documente les pratiques d'un élevage insalubre de canards dans les Pyrénées-Atlantiques ?

Marc Simoncini : Ça fait des années que des scandales de plus en plus horribles éclatent au grand jour. On se rend compte d'ailleurs que c'est toujours à l'initiative d'associations que ces scandales éclatent, et c'est très rarement à l'initiative de contrôles inopinés qui pourraient être faits par les services vétérinaires officiels. On va de Charybde en Scylla. Chaque fois on découvre des choses de plus en plus horribles.

Derrière les portes de ces exploitations, de ces abattoirs, il se passe des choses inimaginables, affreuses. Alors qu'on élève des millions et des milliards d'animaux dans le seul but de les tuer, nous, on n'a jamais combattu ça. Par contre, au moins qu'on les élève pendant leur durée de vie, qui est souvent assez courte d'ailleurs, dans des conditions dignes d'une humanité qui doit éveiller sa conscience.

Où en est votre référendum d'initiative partagée sur la condition animale ?

Je vous rappelle la procédure. On a écrit un texte de loi qui comporte six mesures. La sortie de l'élevage intensif, l'interdiction de l'élevage en cage, la fin des spectacles avec des animaux, l'interdiction des élevages à fourrure, l'abolition des chasses traditionnelles -la chasse à courre- et l'interdiction de l'expérimentation. Ces textes ont été écrits pour qu'ils soient présentés à un référendum. Il faut d'abord qu'ils soient approuvés par 185 parlementaires, sénateurs et députés. On est déjà à peu près à 140 je crois.

On en est à la première étape, peut-être la plus difficile, qui va être de convaincre 185 parlementaires de laisser la démocratie s'exprimer et de demander leur avis aux Français qui, pour l'immense majorité, cela va de 70 à 80%, soutient l'intégralité des mesures qu'on propose. Ensuite, le texte va passer au Conseil constitutionnel pour voir s'il est bien conforme à la Constitution française, et si tout cela est bien, alors on doit encore récupérer 4,7 millions de signatures.

On espère obtenir l'intégralité des parlementaires nécessaires avant la fin du mois de septembre et ensuite, de mémoire, on a neuf mois pour collecter les signatures.

Marc Simoncini, fondateur de Meetic

à franceinfo

En proposant la sortie de l'élevage intensif et de l'élevage en cage n'êtes-vous pas déconnectés du monde agricole?

Les sondages prouvent l'inverse. 77% des gens dits ruraux soutiennent nos mesures. Ce sont des gens qui sont à bout, et même quand ce sont des ruraux, de la manière dont on traite les animaux dans ce pays. Quand on dit qu'on veut sortir de l'élevage intensif ce n'est pas tout de suite. Et ce n'est pas du tout radical. Sur l'élevage intensif ce qu'on demande c'est l'accès quotidien à l'extérieur des animaux. Tout ça dans 20 ans. Pour l'élevage en cage, l'argument du prix est toujours mis en avant. L'un des plus grands leaders de l'élevage de poulets en France a décidé de son propre chef de sortir de l'élevage en cage. Donc on voit que c'est possible et que peut-être qu'en mangeant un tout petit peu moins de viande, ou un peu moins de volaille, on pourra compenser le surcoût s'il y en a un.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.