Maltraitance animale : "Seules des images permettent des procès", estime le député Olivier Falorni

L'élu de Charente-Maritime a réagi alors que s'est ouvert à Pau le procès d'employés de l'abattoir de Mauléon, accusés de maltraitance animale.

Le député de Charente-Maritime Olivier Falorni.
Le député de Charente-Maritime Olivier Falorni. (THOMAS PADILLA / MAXPPP)

"Seules des images permettent des procès", a souligné lundi 17 septembre sur franceinfo le député de Charente-Maritime Olivier Falorni, alors que s'est ouvert à Pau le procès des employés et de l'ancien directeur de l'abattoir de Mauléon, où l'association L214 avait filmé, en mars 2016, des animaux maltraités. Après ces images choc, Olivier Falorni a présidé une commission d'enquête parlementaire sur les abattoirs, et a porté une proposition de loi pour rendre obligatoire la vidéosurveillance dans les abattoirs, qui n'a jamais été définitivement adoptée.

Le projet de loi sur l'agriculture et l'alimentation, examiné en seconde lecture à l'Assemblée, prévoit une expérimentation de la vidéosurveillance dans les abattoirs volontaires. Pour Olivier Falorni, "c'est un rideau de fumée assez grotesque""L'expérimentation est déjà possible aujourd'hui et elle est très peu utilisée, sauf pour les abattoirs qui veulent exporter en Grande-Bretagne, puisque la Grande-Bretagne a voté le contrôle vidéo obligatoire", explique le député. 

Le ministre de l'Agriculture se fait le défenseur du lobby de la maltraitance animaleOlivier Falornià franceinfo

Olivier Falorni se félicite que le texte reprenne "à la virgule près" sa proposition de faire des actes de maltraitance sur animaux en abattoir et dans les transports un délit pénal. Mais "on est dans l'hypocrisie la plus totale, regrette-t-il, c'est comme si le gouvernement disait : 'on va lutter plus lourdement contre les chauffards', et en même temps qu'on annonçait qu'on allait se priver des radars". "Aujourd'hui, on dit qu'on va renforcer les sanctions, mais on se prive de l'outil qui permet de caractériser ce délit, déplore Olivier Falorni. Il faut des images pour caractériser le délit et sanctionner fortement des comportements qui sont absolument insupportables."

"Reniement du président de la République"

"On a un abandon en rase campagne des animaux, et nous avons de surcroît un reniement du président de la République", pointe Olivier Falorni, rappelant que pendant sa campagne présidentielle, "Emmanuel Macron avait écrit à toutes les associations de protection animale" en indiquant que "le contrôle vidéo obligatoire dans les abattoirs serait instauré selon les dispositions de la loi Falorni". Il dénonce un "aveuglement", un "acte suicidaire" du lobby de la viande qui "ne mesure pas combien le citoyen consommateur a besoin de transparence".