Des images chocs. En mai 2016, L214 diffuse une vidéo tournée au Groupement agricole d’exploitation en commun (Gaec) du Perrat de Chaleins (Ain). On y découvre 200 000 poules entassées dans un poulailler industriel. Les œufs, commercialisés par la marque Matines, sont couverts de poux, des asticots gigotent sur le sol et des cadavres se décomposent dans des cages.

Ce qui a changé depuis. Choqué par de telles conditions d'élevage, le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, déclare sur franceinfo être prêt à fermer l'élevage. La marque Matines annonce dans un communiqué qu'elle refuse désormais de s'approvisionner dans cette ferme. 

L'ancienne ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, demande une inspection. Le préfet ordonne la fermeture temporaire de l'exploitation et celle-ci baisse définitivement le rideau en juin, lorsque le tribunal de grande instance de Bourg-en-Bresse prononce la mise en liquidation judiciaire du Gaec.

Les associations, dont la fondation 30 millions d'amis et la SPA, ont tenté de sauver le plus de poules possible, destinées à être "abattues ou vendues à des tiers pour être transformées en farine pour l'alimentation animale", selon le préfet de l'Ain d'alors, Laurent Touvet. Les 22 employés de l'exploitation ont perdu leur emploi, non sans avoir souffert de la médiatisation, comme ils le confient à La Voix de l'Ain

On a eu la trouille pendant 15 jours, nous recevions des appels cachés, des menaces de mort. Les réseaux sociaux se sont aussi déchaînés.Les anciens salariés du Gaecà La Voix de l'Ain