Élevage de poules en batterie : "C'est une des formes de cruauté institutionnalisée la plus forte dans notre pays"

La porte-parole de l'association de défense des animaux L214, Brigitte Gothière, était l'invitée de franceinfo mardi. Elle est revenue sur leur dernière vidéo, dénonçant les conditions d'élevage des poules en batterie. 

Une des poules de l\'exploitation de Vendée infiltrée par l\'association L214. 
Une des poules de l'exploitation de Vendée infiltrée par l'association L214.  (Capture d'écran, vidéo L214.)

L'association de défense des animaux L214 met en avant dans une nouvelle vidéo, les conditions d'élevage de poules en batterie dans une exploitation en Vendée, qui a pour client le groupe agroalimentaire Panzani. Brigitte Gothière, porte-parole de l'association, a dénoncé sur franceinfo mardi 30 mai, "l'élevage en batterie" qui est une des "formes de cruauté institutionnalisée la plus forte dans notre pays".

franceinfo : Tous les élevages de poules ressemblent-ils à cette exploitation de Vendée ?

Brigitte Gothière : On compte 47 millions de poules pondeuses et 68% d'entre elles sont détenues dans des cages de batterie. Les poules sont entassées et ne verront jamais la lumière du jour. À partir du moment où vous enfermez un très grand nombre d'animaux dans un espace restreint, il y a des cadavres dans les cages au milieu des poules vivantes. C'est révélateur de la façon dont on élève les poules quand elles sont en cage et cela interroge notre société sur la manière dont elle traite ces animaux.

Qui est responsable de cette situation selon vous ?

L'élevage en batterie est une des formes de cruauté institutionnalisée la plus forte dans notre pays. Les groupes ou les consommateurs qui utilisent ou consomment les produits d'origine animale ont une responsabilité par rapport à la manière dont sont traités les animaux. Ici, nous sommes dans un élevage de fournisseur de la marque Lustucru Sélection qui appartient au groupe Panzani. Aujourd'hui, on demande des engagements sur une sortie de l'élevage en cage ou pour que les consommateurs arrêtent de se fournir auprès d'élevages qui concentrent un si grand nombre d'animaux. Au-delà de ça, c'est faire en sorte qu'il n'existe plus en France aucun élevage de poule pondeuse en cage de batterie.

Les autres vidéos ont-elles au un impact ?

Les vidéos ont eu un effet sur l'opinion publique. On arrive peu à peu à faire comprendre aux consommateurs que les animaux vivent un calvaire du début de leur vie jusqu'à la fin. Certains consomment moins ou ont cessé de consommer des produits d'origine animale. Des hommes politiques se sont aussi penchés sur la question, mais il y a encore beaucoup à faire par rapport aux 3 millions d'animaux qu'on tue chaque jour dans les abattoirs.

"Dans ces élevage il y a parfois des cadavres de poules qui retiennent les oeufs", Brigitte Gothière, porte-parole de l'association L214
--'--
--'--