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A quoi pourrait ressembler la maison connectée de Google ?

Le géant américain a racheté Nest, une start-up qui fabrique thermostats et détecteurs de fumée intelligents. Objectif : révolutionner notre quotidien avec des appareils connectés. 

Article rédigé par
Par Jéromine Santo Gammaire - franceinfo
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Dans la maison connectée, on pourra tout commander depuis son canapé via son smartphone et sa tablette. (LAWREN / DIGITAL VISION / GETTY IMAGES)

Après avoir conquis notre vie virtuelle, Google se lance sur le prometteur marché des maisons connectées. Son premier pas : le rachat de Nest pour 3,2 milliards de dollars (2,3 milliards d'euros). A ce prix, le géant d'internet n'acquiert pas uniquement le thermostat et l'alarme incendie intelligents développés par la start-up américaine. Il met aussi la main sur une équipe composée de 300 ingénieurs et designers expérimentés.

En 2012, 15 milliards d'objets étaient connectés à internet, selon une étude (PDF) de l'institut spécialisé Idate. Un chiffre qui pourrait, selon cette enquête, grimper à 80 milliards en 2020. Francetv info a cherché à comprendre ce qu'allaient changer ces maisons connectées dans notre quotidien. Une innovation que certains qualifient déjà de "web 3.0".

Une consommation énergétique optimisée

Le principe des thermostats de Qivivo, de Nest, ou de leurs concurrents, est simple : l'appareil enregistre en permanence les usages des utilisateurs, mais prend aussi en compte les caractéristiques du bâtiment dans lequel il se trouve, ainsi que la météo. Le thermostat règle ainsi tout seul la température des pièces par anticipation. Grâce à l'application, l'utilisateur peut même contrôler la température à distance. Le but : réduire notre consommation, et donc notre facture de chauffage.

"Avant, l'énergie était bon marché et disponible. Aujourd'hui, elle est de plus en plus chère, explique Geoffray Sylvain, éditeur du site Connected-Objects.fr, dédié à l'actualité des objets connectés. Il s'agit d'un domaine où les enjeux sont importants."

Adrien Suire, PDG de la start-up française Qivivo, qui commercialise des thermostats intelligents, espère bien que le produit se démocratisera dans les deux ou trois prochaines années. "Une fois qu’on aura proposé les services qui intéressent l’ensemble des foyers, cela peut arriver très vite", assure-t-il. 

Une sécurité accrue

La start-up Nest commercialise également un détecteur de fumée intelligent, le Protect. Pour éviter les sonneries intempestives et les fausses alertes, l'appareil émet un premier avertissement, d'une voix humaine, qui peut être facilement éteint. Toutes les informations sont également envoyées sur le smartphone de l'occupant des lieux (pièce où la fumée a été détectée, les bons gestes en cas de danger...). Le Protect permet aussi de détecter le monoxyde de carbone, ce gaz inodore qui peut être mortel. 

Tony Fadell, le cofondateur de la start-up Nest, avec le thermostat intelligent qu'il commercialise, en 2012, à Palo Alto (Californie). (KARSTEN LEMM / PICTURE ALLIANCE / AFP)

"Sur le même principe, on peut installer des capteurs pour détecter s'il y a une inondation, une fuite de gaz, etc., énumère Adrien Suire. On peut mesurer de nombreuses données. Les objets connectés ouvrent un très large champ des possibles."

Autre exemple, les serrures connectées, qui s'ouvrent avec le mot de passe de notre smartphone. L'appareil détecte l'arrivée dans un rayon de dix mètres de l'habitant grâce au système de localisation de son téléphone, et la porte se déverrouille, sans même avoir à taper de code.

Un confort amélioré

Allumer la lumière, la bouilloire avec son smartphone ou depuis son téléviseur, cuisiner sans risque de rater sa recette à l'aide d'un autocuiseur connecté, passer l'aspirateur, ou démarrer son lave-linge à distance... Tout appareil de notre intérieur peut se décliner en objet intelligent dans le but d'améliorer notre confort ou de nous faire gagner du temps.

Le réfrigérateur connecté, par exemple, envoie un texto pour indiquer à ses propriétaires ce qu'il manque. Il peut également être doté d'applications permettant de choisir une recette selon les ingrédients à disposition dans ses rayons, ou selon un régime particulier. Dans un futur proche, certains pourront même directement commander les aliments.

"Toute la maison va y passer, petit à petit, avance Geoffray Sylvain. Pour ce type de produit, cela prendra une vingtaine d'années, le temps que les gens s'habituent à cette nouvelle technologie".

Utilisés au quotidien, les objets connectés pourraient représenter une source encore inexploitée de données sur les habitudes des foyers. Une perspective qui inquiète les défenseurs de la vie privée après le rachat de Nest par Google, rappelle 01net, alors que l'entreprise vient tout juste d'être condamnée par la Cnil pour ses règles de confidentialité non conformes.

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