SOCIETE – Ils se sentent français pour 90% d'entre eux, sont plus diplômés que leurs parents, accèdent davantage à des postes de cadres supérieurs et gagnent mieux leur vie. Mais les descendants d'immigrés réussissent moins bien que les fils et filles de non-immigrés. Et surtout, ils ont très majoritairement (67%) le sentiment qu'on ne les perçoit pas comme des Français. Plus d'un quart (27%) d'entre eux se disent même victimes de discriminations. C'est ce que révèle une étude de l'Insee, publiée mercredi 10 octobre et dont FTVi a fait l'analyse.
Ces trois témoignages recueillis par France 2 dans les rues de Paris confirment ces conclusions. Tangy Leab a 39 ans. D'origine vietnamienne, il est aujourd'hui entrepreneur. Ses parents lui ont toujours présenté leur nouvelle patrie comme leur "pays d'accueil". Le jeune garçon dit s'y être senti accueilli. Preuve de son intégration, il dit avoir oublié la langue de ses ancêtres. Gloire Biyoudi est lui aussi un exemple d'intégration. Sa famille, ses amis, ses activités sont en France. A 28 ans, ce Français d'origine congolaise, diplômé d'un master en informatique, confie : "Je me sens français parce que je suis né en France. C'est le seul pays que je connais."
Walid Ghernaout lui aussi se sent français. Mais ce n'est pas l'image que la société lui renvoie. D'origine algérienne, âgé de 21 ans, il a été victime de discriminations au travail. "C'était pour rigoler, mais moi je l'ai mal pris, raconte-t-il. Je souriais, mais au fond ça faisait mal." Aujourd'hui, il est à la recherche d'un emploi.