Etats-Unis : Donald Trump refuse de prendre ses distances avec un ancien dirigeant du Ku Klux Klan

Après avoir désavoué dans un premier temps David Duke, l'un de ses derniers soutiens, le milliardaire a préféré louvoyer, assurant qu'il ne peut pas condamner le Ku Klux Klan, un groupe dont "il ne connaît rien".

Le candidat à la primaire républicaine Donald Trump, lors d'un meeting à North Charleston (Caroline du Sud, Etats-Unis), le 19 février 2016.
Le candidat à la primaire républicaine Donald Trump, lors d'un meeting à North Charleston (Caroline du Sud, Etats-Unis), le 19 février 2016. (JIM WATSON / AFP)
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Quand il évoque son dernier soutien dans la primaire républicaine, Donald Trump semble gêné aux entournures. Et pour cause : David Duke est l'ancien dirigeant du Ku Klux Klan, l'organisation suprémaciste blanche américaine. Certes, ce dernier a pris ses distances avec le mouvement, dès la fin des années 1970, mais il reste toujours une figure célèbre de l'extrême droite américaine, à travers ses thèses racistes, son révisionnisme et ses attaques répétées contre les juifs.

"Voter contre Donald Trump serait trahir votre héritage", avait lancé David Duke à ses auditeurs, au cours d'une émission de radio dans laquelle il parlait d'immigration. Une partie de l'opinion s'est alors émue de ce renfort douteux dans la campagne. Le Daily News a même consacré sa une à l'affaire, avec un membre encagoulé du KKK : "Votez pour Trump : il est comme nous !"

Interrogé sur ce renfort inattendu, vendredi, Donald Trump a d'abord botté en touche"Je désapprouve, OK ?" Puis il a pris un malin plaisir à brouiller les pistes, au micro de CNN (en anglais), assurant qu'il ne connaissait rien au Ku Klux Klan, à la grande surprise du journaliste. "Vous ne voudriez pas que je condamne un groupe dont je ne connais rien. Il faudrait que je me renseigne", a-t-il déclaré.

La faute à une oreillette défectueuse, selon lui

Pour le moins ambigus, ces propos ont été aussitôt commentés par trois des quatre autres concurrents républicains, à commencer par Ted Cruz : "Nous devrions tous être d'accord, le racisme est mauvais, le KKK est détestable." Quant à Marco Rubio, il a estimé que les républicains ne pouvaient pas désigner quelqu'un "qui refuse de condamner les tenants de la suprématie blanche et le Ku Klux Klan".

Donald Trump a finalement livré une nouvelle explication, lundi, au micro de la chaîne américaine NBC (en anglais). S'il n'a pas condamné David Duke et les autres groupes suprémacistes, selon lui, c'est tout simplement à cause d'une "oreillette défectueuse"

Mais la polémique après cette nouvelle sortie a été d'autant plus vive durant tout le week-end que trois personnes ont été blessées par arme blanche, dont l'une grièvement, lors de heurts entre des membres du KKK et des opposants, samedi, en Californie.

Il reprend à son compte une citation de Mussolini

Dès le lendemain, Donald Trump a d'ailleurs poursuivi ses allusions historiques douteuses, en retweetant une citation de Benito Mussolini : "Il vaut mieux vivre une journée comme un lion que cent ans comme un mouton." En fait, il est tombé dans le piège d'une journaliste du site Gawker (en anglais), qui a créé un compte attribuant des déclarations de l'ancien dictateur italien au candidat républicain. Mais pour expliquer son geste, cette fois, le milliardaire a indiqué qu'il s'intéressait à la phrase elle-même, et non pas à son auteur.