PRESIDENTIELLE AMERICAINE - C'était un débat crucial pour les démocrates face à la remontée du candidat républicain. Après la performance très moyenne de Barack Obama lors de son débat face à Mitt Romney, son vice-président et colistier Joe Biden avait la pression et se devait de marquer des points face à Paul Ryan, candidat républicain à la vice-présidence. De fait, l'échange entre les deux hommes dans la soirée du jeudi 11 octobre (dans la nuit de jeudi à vendredi en France) n'a pas manqué de piquant. Répliques phares et débat de fond, FTVi vous dit ce qu'il faut en retenir.
Le sujet du jour
Si les candidats ont brassé nombre de sujets, c'est la politique étrangère qui a occupé le devant de la scène. Paul Ryan a attaqué le bilan de la présidence Obama sur le sujet, affirmant que l'attaque du consulat de Benghazi en Libye exposait au grand jour l'échec de sa politique. Le parlementaire de 42 ans a souligné qu'il avait "fallu deux semaines au président pour reconnaître qu'il s'agissait d'une attaque terroriste" et reproché à l'administration de n'avoir pas fourni une sécurité suffisante aux ambassades.
Paul Ryan a aussi accusé l'administration Obama de faiblesse sur l'Iran et la Syrie."Quand nous donnons l'impression d'être faibles, nos ennemis sont plus enclins à nous tester", a-t-il lancé. "Avec tout le respect que je vous dois, ce sont des bobards (malarkey, en anglais, dans la vidéo)", a rétorqué Joe Biden.
Joe Biden, vétéran de la politique, parlait sur un sujet qu'il connaît bien : il a dirigé pendant longtemps la commission des Affaires étrangères au Sénat. Il n'a pas manqué de rappeler à son adversaire que Mitt Romney s'était lui-même montré bien peu "présidentiel" dans l'affaire de Benghazi en attaquant un peu trop vite Obama, alors même que les violences étaient toujours en cours et qu'on en ignorait la cause.
La meilleure réplique de Joe Biden
La tension entre les deux candidats était rendue manifeste par les rires moqueurs fréquemment lâchés par Joe Biden lors des interventions de son adversaire. Le vice-président a livré une salve d'attaques en règle sur la politique, antisociale selon lui, défendue par le "ticket" républicain.
Il a notamment appuyé avec force sur l'épisode des "47%", cette proportion d'Américains que Mitt Romney juge incapables de se prendre en main. "Au lieu de donner des gages à Grover Norquist (leader ultra-conservateur qui défend des baisses d'impôt généralisé), ils devraient donner des gages à la classe moyenne en lui disant : 'Nous allons faire plus pour l'égalité des chances'".
Mais sa réplique la plus drôle a fusé lors d'un échange sur Medicare, le système d'assurance santé pour les personnes âgées, que les deux camps s'accusent mutuellement de vouloir détruire. Fixant la caméra, Joe Biden lâche : "Ecoutez les gars, faites confiance à votre instinct. A qui faites vous le plus confiance sur ce sujet ?"
La meilleure réplique de Paul Ryan
Mitraillé par son adversaire, le candidat républicain à la vice-présidence est resté plus en retrait, conservant une attitude digne pendant l'ensemble du débat. Mais il s'est aussi permis quelques piques face à son valeureux aîné.
Défendant son colistier sur l'affaire des 47%, il a expliqué en souriant : "A propos de cette citation, je crois que le vice-président est très bien placé pour savoir que parfois les mots ne sortent pas de notre bouche comme on le voudrait..." Une allusion à la réputation de gaffeur de Joe Biden, qui a fait mouche dans le public, hilare.
Le vainqueur du match
Très offensif, Joe Biden a sans conteste offert une belle revanche à son président. Il a clairement dominé l'échange, en attaquant sans relâche son jeune adversaire. Paul Ryan, qui n'avait jamais participé à un face-à-face de ce niveau, est apparu un peu trop appliqué. Une victoire de l'expérience : après tout, Paul Ryan n'avait que deux ans lorsque Joe Biden, 69 ans, a prêté pour la première fois serment comme sénateur...
Mais le vice-président en a peut-être un peu trop fait : se moquant ostensiblement de son adversaire à de très nombreuses reprises, il a agacé certains observateurs, qui l'ont jugé condescendant.