Tennis : seize joueurs de haut niveau soupçonnés d'avoir truqué leurs matchs

La BBC et BuzzFeed, qui ne citent aucun nom de joueurs, affirment, lundi, avoir eu accès à des preuves de corruption à grande échelle contenues dans des archives secrètes.

Lors d'un match de tennis à Wimbledon, le 1er juillet 2013.
Lors d'un match de tennis à Wimbledon, le 1er juillet 2013. (GLYN KIRK / AFP)

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Le tennis mondial touché par un scandale de matchs truqués. Seize joueurs du top 50 mondial sont soupçonnés d'avoir truqué des rencontres dans le cadre de paris frauduleux au cours des dix dernières années, selon la BBC (en anglais) et le site Buzzfeed. "Tous ces joueurs, parmi lesquels des vainqueurs de Grand Chelem, ont été autorisés à poursuivre leur carrière", affirme la BBC dimanche 18 janvier.

Les deux médias, qui ne citent aucun nom de joueurs, affirment avoir eu accès à des preuves de corruption à grande échelle contenues dans des archives secrètes. Ces documents sont liés notamment à une enquête menée par l'ATP, l'instance dirigeante du circuit professionnel, en 2007, et montrent que des groupes de parieurs en Italie et en Russie ont misé des centaines de milliers de dollars sur des matches truqués, dont trois de Wimbledon.

Huit joueurs concernés présents à l'Open d'Australie

"Le rapport confidentiel des enquêteurs destiné au comité d'éthique, qui date de 2008, suggérait que des investigations soient menées sur 28 joueurs, mais cela n'a jamais été suivi d'effets", affirme la BBC. Selon ces médias, huit des joueurs signalés au comité d'éthique sont inscrits à l'Open d'Australie, qui a commencé lundi à Melbourne.

Selon l'un des enquêteurs, Mark Phillips, interrogé par la BBC, "un groupe d'environ dix joueurs était le plus souvent mis en cause et se trouvait à la racine du problème. Les preuves étaient fortes, il y avait une bonne chance de tuer [la corruption] dans l'œuf, de créer une forte dissuasion et d'éliminer les éléments corrupteurs".

Selon BuzzFeed, les représentants des groupes de parieurs clandestins contactaient les joueurs dans leurs chambres d'hôtel lors de grands tournois et leur promettaient 50 000 dollars ou plus pour truquer leur match.

L'ATP nie avoir fermé les yeux

A Melbourne, le président de l'ATP, Chris Kermode, a démenti toute tentative d'escamotage. "Les autorités du tennis rejettent toute allégation selon laquelle des preuves de trucage de matches auraient été cachées ou ne feraient pas l'objet d'une enquête approfondie. Notre approche, c'est la tolérance zéro envers toute forme de corruption. Nous ne sommes pas complaisants, nous sommes vigilants", a-t-il ajouté.

A propos de l'enquête de 2007, Chris Kermode a affirmé que les investigations sur un match douteux entre le Russe Nikolay Davydenko et l'Argentin Martin Vassallo Arguello n'avaient pas apporté d'indices suffisants. "Il nous faut des preuves et non des soupçons ou des ouï-dire", a-t-il ajouté, soulignant que 18 sanctions pour corruption avaient été prononcées, dont six suspensions à vie. En 2009, l'ATP a introduit des règles anticorruption. Mais celles-ci ne sont pas rétroactives.