Piratée à deux reprises, l'Agence mondiale antidopage demande à Moscou d'intervenir

Un groupe de pirates informatiques, soupçonné d'être lié au renseignement militaire russe, a une nouvelle fois divulgué des informations sur des athlètes en lice aux Jeux olympiques de Rio cet été.

L\'américaine Simone Biles figure parmi les athlètes dont les informations ont été piratées, mardi 13 septembre 2016.
L'américaine Simone Biles figure parmi les athlètes dont les informations ont été piratées, mardi 13 septembre 2016. (ALEXEY FILIPPOV / SPUTNIK)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Harcelée et démunie, l'Agence mondiale antidopage (AMA) fait appel à Moscou. Elle a demandé, jeudi 15 septembre, au gouvernement russe d'intervenir pour faire cesser les agissements d'un groupe de pirates informatiques.

Ces hackers, qui seraient liés au renseignement militaire russe, selon une entreprise américaine de cybersécurité, ont une nouvelle fois divulgué des informations sur des athlètes en lice aux Jeux olympiques de Rio cet été. Cette fuite, qui concerne 25 nouveaux sportifs, intervient après une première salve d'informations médicales confidentielles dévoilées mardi.

"Des représailles" après l'exclusion des athlètes russes des JO ?

"Nous condamnons cette activité criminelle et nous avons demandé au gouvernement russe de faire tout ce qui était en son pouvoir pour que cela cesse", a déclaré le directeur général de l'AMA dans un communiqué. Selon lui, ces fuites de données piratées constituent "des représailles" face aux mesures prises par l'Agence dans sa lutte contre le dopage. De lourdes sanctions avaient frappé la Russie puisque toute son équipe d'athlétisme, à l'exception de la sauteuse en longueur Darya Klishina, avait été exclue des JO.

Parmi les athlètes visés par ces piratages, figurent la gymnaste Simone Biles, les joueuses de tennis Venus et Serena Williams, la basketteuse Elena Delle Donne, le lanceur de poids Robert Harting, ou encore les cyclistes Bradley Wiggins et Christopher Froome.

Le groupe Fancy Bears dans le viseur

"Je lis que Niggli [directeur de l'AMA] a demandé à notre gouvernement de coopérer. Nous allons demander aux instances (gouvernementales) appropriées d'y travailler, mais il m'est difficile de commenter, a répondu le ministre russe des Sports, Vitali Moutko auprès de l'agence de presse russe R-Sport. Après tout, les Jeux olympiques sont entre les mains du CIO (Comité international olympique), c'est au CIO de commenter cela avec l'AMA."

Mardi déjà, l'AMA avait annoncé que sa base de données avait été piratée par le groupe russe d'espionnage cybernétique Tsar Team (APT28), également connu sous le nom de Fancy Bears. Il avait publié des données confidentielles de quatre athlètes américains aux JO de Rio. Jeudi, l'AMA a de nouveau mis en cause Fancy Bears pour "avoir fait fuiter un autre paquet de données confidentielles depuis le système de gestion et de localisation de l'Agence (Adams)", qui lui permet d'assurer le suivi des contrôles antidopage des sportifs.

Dans les deux cas, les données divulguées concernent des autorisations à usage thérapeutique (AUT), détenues par les sportifs concernés pour l'usage de certaines substances. Ces données ne révèlent donc aucune infraction ni aucun contrôle antidopage positif puisque les sportifs en question ont une autorisation médicale pour utiliser des médicaments inscrits sur la liste des produits interdits.