Sept questions pas si bêtes sur les JO de Paris 2024

C’est officiel, la France accueillera les Jeux olympiques de 2024. Qu'est-ce qui attend Paris à présent ? Franceinfo vous explique tout.

La tour Eiffel à Paris, avec la tour Montparnasse au second plan, ornée du logo de candidature de la capitale en vue d\'accueillir les JO 2024.
La tour Eiffel à Paris, avec la tour Montparnasse au second plan, ornée du logo de candidature de la capitale en vue d'accueillir les JO 2024. (GARDEL BERTRAND / AFP)
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Alexis MagnavalfranceinfoFrance Télévisions

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Cette fois-ci, c'est (enfin) officiel. Le Comité international olympique a mis fin à un faux suspens, mercredi 13 septembre, en annonçant à Lima (Pérou) que Paris accueillera les Jeux olympiques et paralympiques de 2024. La fin d'une succession d'échecs pour la capitale française, qui avait déjà tenté sa chance en 1992, 2008 et 2012. La ville américaine de Los Angeles hérite pour sa part de l'organisation des JO de 2028. Faut-il être enthousiaste à l'idée d'accueillir les Jeux sur le sol français ? Où les épreuves vont-elles précisément se dérouler ? Le visage de Paris va-t-il changer ? Franceinfo répond aux principales questions que vous pourriez vous poser après cette annonce.

Y a-t-il vraiment de quoi se réjouir ?

Tout dépend à qui vous posez la question. Selon les experts mandatés par les organisateurs, les Jeux olympiques pourraient offrir de sacrés retours sur investissement. Entre 5,3 milliards et 10,7 milliards d'euros de retombées économiques, d'après le calcul du Centre de droit et d’économie du sport (CDES) de Limoges (Haute-Vienne). Jusqu'à 247 000 emplois pourraient être pérennisés en Ile-de-France, avec quelques secteurs gagnants : la construction et le tourisme.

Le Grand Paris pourrait aussi bénéficier d'un coup d'accélérateur, notamment le "Grand Paris Express" et ses nouvelles lignes de métro. A court terme, "l'effet JO" pourrait aussi encourager les Français à se mettre au sport. C'est du moins ce qu'espèrent les associations sportives locales, qui devraient bénéficier d'un "accompagnement" financier à hauteur de 4 millions d'euros grâce aux Jeux.

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Tout le monde n'est pas aussi enthousiaste. Les opposants relèvent, outre le probable dépassement du budget de départ, l'impact écologique. Interrogé par franceinfo, Erwan Ledigarchère, du collectif contre les JO à Paris, parle d'une "fête du béton" et s'inquiète du gigantisme du "projet d'une gigantesque piscine au lieu de dix piscines à taille humaine".

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Les épreuves, elles auront lieu où ?

Les épreuves se dérouleront pour la plupart en région parisienne. L'emblématique Stade de France accueillera les cérémonies d'ouverture et de clôture ainsi que les épreuves d'athlétisme. Le Parc des Princes sera l'un des stades consacrés au football. Son voisin, le stade Jean-Bouin, sera lui l'antre du rugby à sept, alors que l'Arena 92 de Nanterre (Hauts-de-Seine) abritera les compétitions d'haltérophilie, de gymnastique et de trampoline.

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Les organisateurs ont aussi pour ambition de mettre en avant le patrimoine parisien, en plaçant les épreuves dans des lieux spectaculaires : beach-volley au Champs de Mars, tir à l’arc aux Invalides, escrime dans le Grand Palais, équitation au Château de Versailles…

Non loin de là, l\'escrime et le taekwondo se disputeront sous les verrières du Grand Palais. 
Non loin de là, l'escrime et le taekwondo se disputeront sous les verrières du Grand Palais.  (PARIS2024)

Paris 2024, ça va se passer seulement à Paris ?

Non, il y en aura pour (presque) tout le monde, car neuf sites sont situés en dehors de la région parisienne. Il s’agit des stades dans lesquels se dérouleront les épreuves de football, mais aussi de la "Marina" olympique à Marseille pour la voile. Le site des épreuves de surf, qui deviendra discipline olympique en 2020, n'est pas encore choisi. Plusieurs hypothèses se dégagent, comme l'explique le magazine Surf Session. Les villes de Lacanau, Hossegor et Biarritz ont fait acte de candidature, mais on parle aussi... de Paris, avec un projet de bassin à vague artificielle.

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Mais ça va coûter une fortune d'organiser tout ça, non ?

Six milliards d’euros, selon les prévisions officielles. Avec une moitié alloué à la construction d'infrastructures et d'équipements sportifs et une autre à l'organisation en elle-même. Le problème avec les prévisions de budgets olympiques, c’est qu’elles sont quasiment toujours (beaucoup) trop optimistes, comme le relève le professeur d’économie Alexandre Delaigue sur son blog Classe éco.

Certes, la plupart des infrastructures parisiennes existent déjà, permettant d'espérer un coût relativement faible par rapport aux dernières olympiades. Mais en moyenne, le budget prévisionnel des Jeux d'été est dépassé de 176%. En 2014, Sotchi (Russie) avait battu le record d’explosion : +289%. "Cet événement va être totalement ruineux, puisque le budget présenté n'est ni réaliste ni crédible", s'inquiétait Frédéric Vial, membre du collectif Non aux JO 2024 à Paris, au micro de franceinfo, en juillet 2017.

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On va vraiment pouvoir se baigner dans la Seine grâce aux JO ?

C'est en tout cas ce que promet Anne Hidalgo, la maire de la capitale. Aujourd’hui, se baigner dans la Seine peut vous valoir une amende de 38 euros et un risque de contamination fécale. D’ici 2024, la municipalité veut rendre certaines zones du fleuve baignables. Non seulement, des épreuves de nage s’y dérouleraient, mais la municipalité souhaite pérenniser ce projet, pour rendre la Seine aux habitants.

>> Six questions sur la baignade dans la Seine, promise par Anne Hidalgo

Pour cela, le plan de la mairie veut cibler trois sources de pollution : les stations d’épuration, les eaux de pluie et les rejets d’eaux usées. Un test grandeur nature a été réalisé dans les eaux du bassin de la Villette cet été. Avec un succès incertain, puisque la baignade a été temporairement interdite à cause de bactéries présentes dans l’eau.

Et après 2024, on en fera quoi de toutes les installations olympiques ?

Le comité d'organisation veut capitaliser sur des complexes sportifs qui existent déjà : Roland-Garros par exemple pour la boxe, Bercy pour le judo et la lutte. Les stades où auront lieu les épreuves de football ont été construits, pour certains d'entre eux, pour l'Euro 2016. L'Arena 92, future antre du Racing 92 à Nanterre, sera aussi mobilisée. Paris 2024 insiste aussi sur la pérennisation des nouvelles installations. Le village olympique laissera place à des appartements qui seront ensuite loués ou vendus. Seul un centre aquatique, pour les épreuves de natation, sera construit à côté du Stade de France.

Objectif : éviter le désastre de certaines olympiades passées, où certains sites construits ex-nihilo ont rapidement été abandonnés. Quelques mois seulement après les JO de Rio 2016, la piscine olympique est déjà vide et délabrée. A Pékin, le parcours de kayaking des Olympiades de 2008 est désormais à sec. A Athènes, les gradins du stade de hockey sont envahis par la végétation, 13 ans après les JO. A Sarajevo, les pistes de bobsleigh utilisées en 1984 sont abandonnées.

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Les JO à Paris, c'est une première ?

C'est un beau clin d'œil de l'histoire : Paris accueillera les Jeux olympiques et paralympiques pour la première fois depuis un siècle. La capitale avait en effet déjà accueilli les JO... en 1924. Une précédente édition avait déjà eu lieu en 1900 mais, noyé dans la concurrence de l'Exposition universelle, l'événement n'avait pas vraiment été une réussite. En 1924, pour ses derniers JO à la tête du CIO, Pierre de Coubertin veut un succès populaire.

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Le 5 juillet, 40 000 personnes se pressent au stade de Colombes (Hauts-de-Seine) pour la cérémonie d'ouverture des huitièmes olympiades de l'ère moderne. Les Jeux rassemblent à l'époque 44 délégations, soit 3 089 athlètes, dont une future star d'Hollywood : Johnny Weissmuller, premier nageur de l'histoire à parcourir le 100 m nage libre en moins d'une minute, futur Tarzan au cinéma.

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