Douillet, Lamour, Masseglia : qui pour prendre la tête du Comité national olympique et sportif français ?

Une institution du sport francais, le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) désigne jeudi son président. Le point sur les programmes des trois candidats : Denis Masseglia, David Douillet et Isabelle Lamour.

Denis Masseglia, Isabelle Lamour et David Douillet lors de la présentation des candidats à la présidence du CNOSF, le 25 avril 2017.
Denis Masseglia, Isabelle Lamour et David Douillet lors de la présentation des candidats à la présidence du CNOSF, le 25 avril 2017. (PHILIPPE MILLEREAU / DPPI MEDIA)
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Cécilia ArbonaRadio France

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Le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) élit, jeudi 11 mai, son nouveau président. Trois candidats sont en lice pour prendre la tête de cette institution du sport français, une femme et deux hommes. Le CNOSF représente 96 fédérations et 180 000 associations et le vainqueur sera tout de suite dans le bain. Il accueille la commission d'évaluation du Comité international olympique (CIO), en visite à Paris du 13 au 17 mai, dans la perspective des Jeux olympiques de 2024. Emmanuel Macron, tout juste intronisé, accueillera lui-même  les membres du CIO, dimanche soir.

Isabelle Lamour, la seule femme, veut rassembler la maison

À 52 ans, Isabelle Lamour est la seule femme à la tête d'une fédération olympique. Cette ancienne fleurettiste est la patronne de l'escrime tricolore et l'épouse du champion olympique de sabre, Jean-François Lamour.

Sa promesse : redonner au CNOSF sa mission de maison du sport français. "Il y en a, aujourd'hui, qui se demandent pourquoi ils sont membres du CNOSF et ce que cela leur rapporte. Ça m'interpelle, explique-t-elle. Je trouve dommage que certains essayent de se structurer en dehors du CNOSF. J'aimerais que tout le monde ait envie de revenir à la maison. Je ne dirais pas qu'elle est poussiéreuse, j'ai beaucoup de respect pour ce qui a été fait. Je pense qu'elle est un petit peu en décalage, elle n'a pas évolué aussi vite que la société. Je pense qu'on est à la fin d'une gouvernance, d'une organisation pyramidale. C'est ce que j'ai envie de booster un peu, pour avoir un CNOSF qui colle à la société d'aujourd'hui et aux besoins de ses fédérations et de ses membres."

David Douillet, le poids-lourd veut un budget digne de ce nom

David Douillet, 48 ans, est le deuxième candidat à la présidence du CNOSF. C'est le poids-lourd. Il est passé des tatamis à la politique, pour devenir secrétaire d'État en 2011 puis ministre des Sports de 2011 à 2012. Il est également député Les Républicains des Yvelines depuis juin 2012. 

L'ex-judoka promet des crédits supplémentaires pour tous les sports. "Le sport est un pan de notre société qui, aujourd'hui, ne pèse pas assez. Le CNOSF doit être redimensionné pour qu'il soit traité à sa juste valeur. Chaque année, les conventions d'objectifs, qui lient l'État et les fédérations, diminuent. C'est-à-dire qu'on demande un certain nombre de choses aux fédérations contre une subvention : des résultats sportifs, des aménagements pour améliorer la mixité sociale... Et tout cela diminue. On est passé de 115 millions d'euros à 78 millions d'euros, quelque soient les gouvernements. Aujourd'hui, la sonnette d'alarme est tirée. Le sport doit peser sur l'échiquier politique national pour protéger tout cela. Parce que, au bout du tuyau, c'est quoi ? C'est la pratique sportive pour nos enfants, c'est leur bien-être, c'est leur santé donc c'est vital pour notre société. Et nous n'en avons que des broutilles. Stop !"

Denis Masseglia, le chef de chantier, défend son bilan

À bientôt 70 ans, Denis Masseglia n'a pas envie de raccrocher les rames. Cet ancien international d'aviron, agrégé de sciences physiques, est le président sortant et il veut rester aux commandes du Comité national olympique.

Il se compare à un chef de chantier. "C'est un peu comme si vous construisiez une maison. Vous avez fait les fondations, vous avez monté les murs, il ne reste plus que les fenêtres et les plâtres à faire. Pratiquement toutes les propositions que j'avais faites ont été initiées. Je ne dis pas qu'elles ont toutes abouti donc il y en a certaine pour lesquelles on doit encore travailler. Par exemple, l'oépration Sentez-vous sport, je pense que ça a servi d'exemple à la Semaine européenne du sport. Ou l'association francophone des CNO, c'est quelque chose qui existe." 

"Parmi mes concurrents, personne ne conteste le bilan, poursuit-il. Que ce soit l'unité, la diversité, le rayonnement, l'ambition. On a tous l'envie que le CNOSF et le sport français soient rayonnants."