JO 2024 à Paris : l'événement "va créer de la valeur ajoutée sur une période de 17 ans"

Selon Nathalie Hénaff, chargée d'étude au Centre de droit et d'économie du sport, les les Jeux olympiques à Paris seront bénéfiques pour les territoires concernés, notamment dans les domaines de la construction, du tourisme et de l'organisation. 

L\'esplanade du Trocadero, près de la Tour Eiffel, à Paris, le 14 septembre 2017. 
L'esplanade du Trocadero, près de la Tour Eiffel, à Paris, le 14 septembre 2017.  (LUDOVIC MARIN / AFP)
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franceinfoRadio France

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Le Comité international olympique a officialisé, mercredi 13 septembre, l'attribution des Jeux olympiques 2024 à Paris. Selon Nathalie Hénaff, chargée d'étude au Centre de droit et d'économie du sport (Limoges), la valeur ajoutée de l'événement pour la capitale pourrait atteindre les 10,7 milliards d'euros sur une période de près de vingt ans.

franceinfo : les JO vont-ils avoir la vertu de créer des emplois ?

Nathalie Hénaff : Oui, forcément. À un moment donné, il y aura besoin de main d'œuvre supplémentaire pour accueillir un tel événement, qui est grandiose, mais qui nécessite une grande organisation. Vous allez avoir besoin d'emplois pour la construction et pour l'organisation. Nous avons calculé ce que ces JO vont rapporter d'un point de vue économique, en matière de valeur ajoutée, et nous avons chiffré une fourchette entre 5 et 10,7 milliards d'euros. Cet impact économique a été calculé sur une période de 17 ans : sept ans avant, dix ans après. Si on rapporte ces montants-là au PIB national, cela représente moins de 0,5%. Cela ne va pas relancer la croissance économique, mais cela va créer de la valeur ajoutée sur le territoire sur une période de 17 ans sur les questions de la construction, du tourisme et de "l'organisation". 

Los Angeles, les seuls jeux bénéficiaires, en 1984, avaient rapporté 180 millions d'euros. Peut-on estimer que Paris 2024 va dégager des bénéfices ?

Il faut faire attention à ne pas mélanger les concepts économiques. Les Jeux olympiques de Los Angeles en 1984 ont rapporté de l'argent sur la partie de l'organisation. À Paris, on est sur un budget financé par des acteurs privés (les sponsors, le CIO, la billetterie), qui payent des dépenses d'organisation. Dans ce secteur, il est très probable que la ville puisse dégager de l'argent. Après, il y a les dépenses d'infrastructures qu'on ne peut pas compter comme un bénéfice direct.

La sécurisation de ces Jeux olympiques peut-elle faire déraper le budget ?

C'est vrai que Londres, qui avait été touchée au lendemain de son attribution des Jeux 2012, en 2005, avait tout de suite dû réestimer ces coûts qui étaient assez peu élevés dans la première enveloppe. C'est une question qui va devoir être posée pour Paris, mais on voit que par rapport à ce qui a pu être fait à l'Euro 2016, il y a eu une prise de conscience sur cette question. Je pense qu'il y a déjà une expérience qui pourra resservir pour les Jeux. Maintenant, il faut bien séparer deux choses : il y a le budget d'organisation - trois milliards -  et le budget "infrastructures" - 3,5 milliards. Les premiers trois milliards d'organisation sont entièrement financés par des fonds privés. Une grand part vient du CIO, qui s'est engagé à verser 1,7 milliards de dollars pour les Jeux 2024. La billetterie et le sponsoring vont ensuite compléter cette enveloppe. Les financements publics interviennent pour la construction d'infrastructure qui, elles, font partie de l'héritage qui va rester après.