JO 2024 à Paris : "Cette mise en scène pharaonique ne correspond pas aux besoins des populations"

Danièle Simonnet, coordinatrice du Parti de Gauche, a affiché, jeudi, son opposition à l'organisation des Jeux olympiques à Paris, en 2024. Selon elle, les infrastructures et les transports ne répondront pas aux attentes, notamment en Seine-Saint-Denis.

Danièle Simonnet, porte-parole de Jean-Luc Melenchon.
Danièle Simonnet, porte-parole de Jean-Luc Melenchon. (RADIO FRANCE / JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT)
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Invitée de franceinfo jeudi 14 septembre, Danièle Simonnet, coordinatrice du Parti de gauche, oratrice nationale de La France insoumise et conseillère de Paris, est opposée à l'organisation des Jeux olympiques à Paris en 2024, officialisée mercredi. Selon elle, le projet ne prend pas en compte les "besoins des populations" . Pour les opposants, assure-t-elle, "la bataille commence".

>> Budget, sites, dates : les Jeux olympiques de Paris 2024 en chiffres

franceinfo : Vous ne partagez pas l'enthousiasme de certaines réactions après l'annonce officielle de l'attribution des JO 2024 à Paris. Qu'est-ce qui vous préoccupe ?

Danièle Simonnet : Je comprends que les sportifs soient ravis et fiers que Paris accueille les Jeux olympiques. Le sentiment de fierté national est compréhensible. La difficulté, c'est que l'on sait que les Jeux olympiques sous leur forme actuelle vont exploser leur budget. Ça a été le cas à chaque fois. Cette mise en scène pharaonique ne correspond pas aux besoins des populations. On va, pour ces JO créer une piscine olympique et on nous dit que c'est une bonne nouvelle pour les habitants du 93. Mais avec une seule piscine olympique, on aurait pu faire plus d'une dizaine de piscines dans les villes et quartiers du 93 qui correspondent aux besoins des populations scolaires et de l'ensemble de la population

Près de 90% des infrastructures pour les JO de Paris sont déjà là. Les travaux du Grand Paris Express et du réseau de transports sont déjà budgétés. Où est le risque de dérapage ?

Sur les transports en commun, on est déjà en train d'expliquer à nombre de collectivités que les prolongations de la ligne 1 du métro pour aller jusqu'à Val-de-Fontenay seront retardées, parce qu'il faut prendre en compte la priorité des JO et du super-métro qui vous permettra de relier Charles-de-Gaulle aux sites olympiques. Et cela ne correspond pas aux besoins immédiats de la population. Est-ce que la priorité de la population en terme de déplacements domicile-travail, c'est d'aller de l'aéroport Charles-de-Gaulle aux sites olympiques ? Non. Vous avez aujourd'hui des lignes de métro et de RER sursaturées qu'il faut dédoubler ou prolonger. Sur les équipements, c'est la même chose. Après l'événement, beaucoup vont être gérés en partenariat public-privé. Ce n'est pas un hasard, si hier soir [mercredi] à Lima  il y avait surtout Suez, le groupe Accor ou encore Vinci dans la fête. Pour eux, ça va être tout bénef'.

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Est-ce que ça n'est pas l'occasion pour la Seine-Saint-Denis, le département le plus pauvre de France, d'en finir avec la mauvaise image qui est accolée au département ?

On ne fait pas les bons choix. Par exemple, le Stade de France n'a pas eu d'impact en terme de créations d'emplois sur la Seine-Saint-Denis. C'est du pipeau. Les études économiques montrent qu'on a eu un déplacement d'emplois. On est sur un équipement qui coûte extrêmement cher en entretien et qui n'arrive pas à trouver son équilibre économique. Ce sont des éléphants blancs. Il y a un bourrage de crâne. Malgré les moyens qui sont mis en termes de communication en faveur des JO, 83% des Français pensent que les dépenses vont exploser. La bataille commence.