La vie du PSG est un feuilleton annuel. Avant les rumeurs de transferts de l'été, après la fin du suspense du championnat de France, voilà que bruisse la rumeur du départ de l'entraîneur du club parisien, Carlo Ancelotti, au Real Madrid à la fin de la saison. Si cette information, annoncée dans Le Parisien vendredi 26 avril, se confirme, cela fragiliserait considérablement un PSG en pleine croissance. 

Parce qu'il n'existe pas de plan B

Dans une interview à L'Equipe en début de semaine, le directeur sportif du club, Leonardo, mettait les pieds dans le plat : "On veut qu'il reste. Mais on doit d'abord gagner le championnat, c'est la priorité absolue. Ensuite, ce sera à Carlo de se décider, de voir s'il veut continuer ou pas sur le banc du PSG." D'après Le Parisien, mais aussi selon la presse espagnole, Carlo Ancelotti est courtisé depuis plusieurs mois par le Real Madrid, qui veut tourner la page José Mourinho. Son profil calme et bâtisseur plaît aux dirigeants madrilènes, lassés de la communication du Portugais qui déclenche une polémique par semaine.

Le PSG n'a pas de successeur désigné pour le remplacer : José Mourinho, justement, est plutôt annoncé à Chelsea ; Arsène Wenger, dont le nom est souvent cité, ne partira pas comme cela d'Arsenal ; enfin, d'autres pistes paraissent plus fantaisistes (Frank Rijkaard, entraîneur de Barcelone au milieu des années 2000, mais qui a cumulé les échecs depuis ; Rafael Benitez, en intérim à Chelsea ; Eric Gerets, qui entraîne au Qatar, mais qui fut un ancien coach de l'ennemi héréditaire, l'OM...). Reste qu'il reste encore une chance qu'Ancelotti ne parte pas. Comme il le disait lui-même, en conférence de presse, avant le match contre Nice le 23 avril : "Ma situation personnelle est très claire : nous allons terminer la saison de L1 et ensuite, nous aurons tout le temps pour discuter."

Parce qu'il faudra (encore) reconstruire l'équipe 

Les équipes de nouveaux riches, comme Chelsea en Angleterre, ont pris leur essor quand un entraîneur est resté assez longtemps pour leur donner une identité de jeu avec des joueurs présents sur le long terme. Ce qui n'est pas encore le cas au PSG, qui joue toujours en contre et a globalement déçu dans le jeu, sauf en Ligue des champions. "Avec beaucoup de nouveaux joueurs, c'est plus facile de jouer comme ça que de mettre en place un jeu léché, analysait le spécialiste du foot européen Johann Crochet, en février, sur francetv info. Ancelotti ne fait que répondre aux attentes de ses dirigeants : il faut gagner, quelle que soit la méthode." L'arrivée d'un nouvel entraîneur, qui amènera dans ses bagages quelques joueurs et devra faire face au départ de quelques cadres de l'effectif venus pour Ancelotti, risque de mener le PSG à six mois de tâtonnements sur le terrain.

Quant à l'hypothétique nouvel arrivant, il sait désormais où il met les pieds. Un entraîneur du calibre d'Ancelotti a été à deux doigts de la porte après une mauvaise passe cet hiver, rapporte Le Parisien. Sans parler des spéculations incessantes sur son remplaçant (Mourinho en novembreGuardiola en décembre...).

Parce que l'attractivité du PSG en prend un coup

Les négociations avec Carlo Ancelotti, à l'hiver 2011, ont duré plus d'un mois. Le technicien italien avait cherché à s'engager le plus tard possible, préférant clairement un poste en Italie ou en Angleterre. Ce n'est que le 21 décembre 2011, dans la soirée, au début de la trêve hivernale du championnat de France, qu'il a dit "oui" aux dirigeants parisiens. Le problème se pose à nouveau pour les dirigeants qataris : le PSG est un grand club en devenir, dans un championnat à faible pouvoir d'attraction. Il faut compter encore un ou deux ans pour que le club puisse vraiment prétendre à la victoire finale en Ligue des champions. Comment, dans ce contexte, attirer un entraîneur de tout premier plan, qui devra peut-être composer avec la tutelle de Leonardo dans le secteur sportif ?

On ignore encore les conséquences d'un éventuel départ d'Ancelotti sur l'effectif parisien. Plusieurs joueurs, dans des lapsus plus ou moins volontaires, ont laissé entendre que leur cœur était encore en Italie. Il faudra un grand nom pour les convaincre de rester, et tenir un vestiaire riche en ego.

Pour faciliter la tâche des dirigeants parisiens, relisons cette phrase de Carlo Ancelotti, du temps où il entraînait le Milan AC [2001-2009], dans So Foot : "Je vais vous dire ce que je pense : les entraîneurs italiens sont les meilleurs du monde."