Le poste de sélectionneur des Bleus est devenu "un cadeau empoisonné". L'expression, signée France Football, résume bien la difficulté pour la fédération de trouver un successeur à Laurent Blanc. Comme l'a confirmé Noël Le Graët mardi 3 juillet, Dider Deschamps réclame un délai de réflexion avant de se prononcer. Quant à Arsène Wenger, René Girard et Zinedine Zidane, ils ont déjà dit non. FTVi vous explique pourquoi tout le monde fait l'autruche.

Parce que les moyens manquent

L'une des raisons du départ de Laurent Blanc est financière. En plus d'un "climat de défiance", L'Equipe évoque "une cure d'austérité" que le sélectionneur des Bleus aurait refusée. Noël Le Graët aurait décidé de réduire la masse salariale de l'équipe d'encadrement à 5 millions d'euros annuels, contre 7 ou 8 actuellement.

Parce que ce serait bête de gâcher sa carrière

Didier Deschamps ne s'est pas précipité pour remplacer son ancien coéquipier de l'équipe de France 1998, Laurent Blanc. Enfin libéré de ses engagements avec Marseille, le technicien souhaite prendre du recul et réfléchir à la suite de sa carrière, sans précipitation. Selon France Football, il ne serait "pas prêt à toutes les compromissions, ni à prendre tous les risques pour assouvir ce désir profond". Son "non" aux Bleus n'est pas définitif, mais Noël Le Graët va devoir faire preuve de patience et de persuasion.

• Parce qu'on est mieux en club

Sous contrat avec Arsenal jusqu'en 2014, Arsène Wenger plaît bien à Noël Le Graët. A tel point que le président de la fédération lui a proposé le job. L'Alsacien s'est offert le temps de la réflexion, envisageant de cumuler son poste de manager à Londres avec celui de sélectionneur des Bleus, selon L'Equipe. Et puis non, tout compte fait, Arsène a refusé, et Arsenal a respiré. Par ailleurs, un poste d'entraîneur en club est bien mieux payé que le poste de sélectionneur d'équipe de France. Arsène Wenger gagne ainsi 8 millions d'euros net par an à Arsenal, loin du 1,2 million perçu par Laurent Blanc chez les Bleus.

• Parce que la fédé n'est pas accueillante

Refus poli de René Girard, entraîneur de Montpellier. Il connaît bien la Fédération française de football (FFF), où il a assisté Roger Lemerre (2000-2004) et dirigé l'équipe espoirs (2004-2008). Il la connaît un peu trop d'ailleurs, à tel point qu'il ne veut plus entendre parler de ce poste. "J'ai connu la maison, on m'en a fait partir, il n'est pas question que j'y retourne", a-t-il affirmé lundi sur RTL, avec le souvenir aigri de son limogeage brutal en 2008.

Parce que ce sera mieux dans dix ans

"Peut-être que dans dix ans, je serai sélectionneur de l'équipe de France." Mais pas aujourd'hui, merci. Il est poli aussi, Zinedine Zidane. Et malin. Il parle peu et garde ainsi toutes les portes ouvertes. Alors qu'"il y a dix ans, [il] ne [voulait] pas être entraîneur", l'ancien numéro 10 reconnaît désormais en avoir envie, tout en refusant l'équipe de France 2012.