Ligue des champions : pourquoi LE match à ne pas rater, c'est La Gantoise-Wolfsburg

Oubliez le Barça, le Real, la Juventus ou le Bayern : vous les avez déjà vus mille fois. Sortez des sentiers battus !

Un supporter de La Gantoise lors d'un match de Ligue des champions contre Valence, le 4 novembre 2015 à Gand (Belgique). 
Un supporter de La Gantoise lors d'un match de Ligue des champions contre Valence, le 4 novembre 2015 à Gand (Belgique).  (YORICK JANSENS / BELGA MAG / AFP)

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Vous êtes tenté par Real-Roma, alléchante affiche des huitièmes de finale de la Ligue des champions, mercredi 17 février ? Zappez la première de Zidane dans la plus prestigieuse des compétitions européennes, et intéressez-vous plutôt à une affiche autrement plus exotique – et tellement plus intéressante – de la soirée : La Gantoise-Wolfsburg. La preuve.

Parce que c'est une affiche inédite

La Ligue des champions, compétition bling-bling par excellence, est presque devenue une compétition fermée, où l'on revoit toujours les mêmes équipes. Le Real, le Barça, le Bayern, la Juventus, Chelsea, le PSG... pour des affiches qui reviennent sans cesse. En huitièmes de finale, on aura droit au cinquième PSG-Chelsea en deux ans, au cinquième Arsenal-Barça depuis 2010, au septième Juventus-Bayern en dix ans...

Régulièrement, une petite équipe parvient à forcer les portes du club des huitièmes de finale : l'Apoel Nicosie, le FC Copenhague par le passé, La Gantoise et Wolfsburg cette année. Les deux équipes sont novices à ce niveau de la compétition. Ce qui nous promet un quart de finaliste inédit. 

Parce que La Gantoise a un plus petit budget que Caen

Formidable message d'espoir pour Caen ou Angers, qui ont un temps flirté avec les places européennes : on peut se hisser parmi les seize meilleures équipes du continent avec un budget de 26 millions d'euros. "La Gantoise était quasiment en faillite à la fin du XXe siècle, détaille Denis, qui suit la Jupiler League sur Horsjeu.net sous le pseudo de Jean-Marie Pfouff. Ils se sont développés petit à petit. Le meilleur exemple, c'est leur nouveau stade, la Ghelamco Arena, qui comporte 20 000 places, une capacité adaptée au potentiel du club. Mais le stade est extensible ! On a procédé différemment en France, où on a d'abord construit des grands stades pour l'Euro, et où on s'est demandé après comment les clubs allaient les remplir."

A côté, Wolfsburg fait figure de titan avec 75 millions d'euros de budget (c'est moins que Lille, à la peine en L1). 

On retrouve aussi ce gouffre en termes de valorisation des équipes : celle de La Gantoise est estimée globalement à 66 millions d'euros par le site de référence Transfermarkt (en allemand). Les joueurs de Wolfsburg valent, eux, 183 millions... A comparer avec les 423 millions d'euros que vaut l'effectif du PSG ou les 689 de celui du Barça.

Parce qu'on va voir des buts 

La Gantoise a stupéfié l'Europe grâce à sa combinaison magique sur coup franc qui a coûté très cher à Lyon. Avec un entraîneur très innovant tactiquement, il n'est pas rare de les voir attaquer à cinq. "C'est clairement l'équipe qui a le meilleur projet de jeu du championnat belge. Il y a une part de logique dans le fait qu'ils accèdent aux huitièmes de finale, une première pour un club belge depuis Anderlecht en 2001, estime Denis. Il y avait un gros mépris de la presse française quand Lyon est tombé dans leur groupe. Je revois encore Eric Di Meco, qui commentait sur beIN Sports, dire avant le fameux coup franc : 'ça peut finir en tribunes !'"

En face, Wolfsburg, tout pour l'attaque aussi. "C'est une équipe spectaculaire, mais sans le faire exprès, résume Côme, qui suit de près la Bundesliga sur le compte France Fußball. Vu ses sautes de concentration en défense, elle sait qu'elle devra marquer un but de plus que l'adversaire." Record à battre en phase éliminatoire de Ligue des champions, le 7-1 infligé par Manchester United à l'AS Rome en 2007.

Parce que vous y verrez les futures pépites de l'Euro

On ne pourra pas dire qu'on ne vous avait pas prévenu. A Wolfsburg évolue Ricardo Rodriguez, un arrière droit suisse de 23 ans qui compte déjà 33 sélections. "Il joue comme un patron qui aurait dix ans de plus, détaille Côme. Il tire parfaitement bien les coups francs, tout en finesse. Dans deux ans maximum, il ne sera plus à Wolfsburg, mais au Bayern ou au Real Madrid." Et quand il marquera le but à la dernière minute d'une frappe de 30 mètres contre la France au premier tour de l'Euro, vous connaîtrez déjà le personnage. 

Il n'y a pas qu'à Wolfsburg que se cache le futur des cadors européens. Treize clubs de Premier League (sur les vingt du championnat anglais) ont dépêché un recruteur pour voir évoluer la terreur du championnat belge, note le Daily Telegraph (en anglais). L'attaquant XXL Laurent Depoitre, qui n'a dans les jambes qu'une seule saison au plus haut niveau, après avoir passé le début de sa carrière à errer dans les tréfonds du foot belge. Son physique de déménageur fait rêver (entre autres) Arsenal, Tottenham, Manchester United ou Manchester City. 

Parce que ça vous permettra de réviser votre géographie

Si La Gantoise se trouve à Gand (et a conservé son nom en français à l'international bien qu'elle ait été rebaptisée KAA Gent en 1971), Wolfsburg, ville-champignon qui a grandi en même temps que Volkswagen, propriétaire du club, est autrement plus difficile à placer sur une carte.

Arrivé en Bundesliga au milieu des années 1990, Wolfsburg est un club sans rival, sans derby, sans aspérités aussi. Un peu comme si Michelin avait tout misé sur le foot à Clermont. "Son concurrent direct et voisin, c'est Braunschweig, explique Côme. Et justement, Braunschweig, même en deuxième division, est plus populaire que Wolfsburg. Il y aura plus de monde à leur prochain match que pour Wolfsburg en Ligue des champions."

Parce que La Gantoise a le surnom le plus cool de la compétition

Les équipes de La Gantoise et de Saint-Etienne avant un match amical, le 16 juillet 2014 à Gand (Belgique).
Les équipes de La Gantoise et de Saint-Etienne avant un match amical, le 16 juillet 2014 à Gand (Belgique). (REMY PERRIN / MAXPPP)

Les joueurs belges sont surnommés les Buffalos... pour une raison jamais clairement établie à ce jour, 116 ans après la création du club. Version officielle (en flamand), les supporters du club se sont mis à crier "Buffalo" après le passage de la troupe de Buffalo Bill à Gand, les Indiens étant installés non loin du stade municipal. Buffalo Bill avait même organisé un match de foot à cheval, le soccer horseback, "avec un ballon géant, et des compétiteurs de plusieurs pays", raconte le musée Buffalo-Bill. Sauf... qu'un Belge, Henri Cocquyt, affirme avoir inventé le slogan pour soutenir les athlètes belges aux JO d'Anvers en 1920 et avoir dessiné le logo, plus tard brodé par sa petite nièce, rappelle le site de fans Buffalozone (en flamand).

Les joueurs de Wolfsburg, de leur côté, sont tout simplement appelés les Loups.

Parce que vous verrez plus de joueurs français que lors de PSG-Chelsea

Combien de joueurs tricolores vont disputer la double confrontation entre le champion de France et celui d'Angleterre ? Un, vraisemblablement, Blaise Matuidi. Combien de Français lors de La Gantoise-Wolfsburg ? Deux ! Avec Lucas Deaux, côté belge, et Josuha Guilavogui, côté allemand (actuellement blessé, mais qui sera rétabli pour le match retour).