Chelsea-PSG : mais qui sont ces Frenchies qui supportent les Blues ?

C'est un euphémisme que de dire que le club de John Terry n'est pas très populaire dans l'Hexagone. Les amoureux des Blues y sont peu nombreux, mais ils sont déterminés.

Un supporter de Chelsea lors du match amical de pré-saison contre le Sydney FC, en Australie, le 2 juin 2015.
Un supporter de Chelsea lors du match amical de pré-saison contre le Sydney FC, en Australie, le 2 juin 2015. (DAVID GRAY / REUTERS)
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400 millions. C'est le nombre de fans que Chelsea, le rival du PSG en 8e de finale retour de la Ligue des champions, mercredi 9 mars, se gargarise de compter à travers le monde. Beaucoup sont britanniques, forcément, mais le club londonien possède aussi une solide implantation en Amérique latine, à en croire les statistiques de son compte Twitter. Une forte présence dans le sud de l'Europe aussi... mais en France, pas grand chose. Au point qu'il existe plus de clubs de supporters de Chelsea en Sierra Leone, à Chypre ou au Kirghizistan que dans notre pays, la carte publiée sur le site du club faisant foi. Trouver un supporter de Chelsea français est plus difficile que d'en dénicher un fan du Barça – autre adversaire récurrent du PSG – mais pas impossible.

Par amour de Didier Drogba et José Mourinho

"On me posait souvent la question à l'école : 'Mais pourquoi tu n'es pas supporter d'Arsenal ?'" témoigne Antoine, 20 ans. Sous-entendu, comme tous les Français qui s'intéressent à la Premier League. Longtemps, le club d'Arsène Wenger a attiré un intérêt démesuré de l'autre côté de la Manche, sans doute à cause de son statut d'annexe officieuse de l'équipe de France. Vincent, alias "Groover", un des supporters français sur Arsenal les plus connus, ne croise que rarement des fans des Blues dans les pubs de la capitale : "Le fan de Chelsea ne pousse pas sur les arbres à ma connaissance ! La fanbase de Chelsea est assez volatile, et quasi inexistante en France. Plutôt en Belgique."

Les fans tricolores de Chelsea, pourtant, existent bel et bien. Ils ont souvent la vingtaine, quand les amoureux d'Arsenal accusent quelques années de plus. "Ça s'explique sûrement par le fait que Chelsea est un club 'récent', qui n'avait pas autant de visibilité par le passé", avance Ibrahima, un des animateurs du compte Twitter @FrenchCFC pour fédérer les dingues des Blues. Ils sont tombés dans la marmite devant un match où Frank Lampard, le légendaire milieu de terrain du club, rayonnait de toute sa classe. Sous le charme de José Mourinho, sur le banc des Blues de 2004 à 2007, puis de 2012 à 2015. Ou encore de Didier Drogba, attaquant historique des Blues, qui a fait chavirer Abdoul-Karim : "Il concurrence ma mère pour la place de numéro un dans mon cœur", s'amuse-t-il. 

"Mon père ne comprenait pas"

Une passion qui, dans aucun cas, ne leur a été transmise par leurs parents. Au contraire. Le père d'Antoine lui a transmis sa passion du foot anglais, mais lui soutient bec et ongles Manchester United. 

Chelsea, c'est un peu l'image de l'outsider, du club que les gens détestent facilement. Ça m'a plu de me dire que je serai un peu 'seul contre tous' j'imagine.

Antoine, supporter français de Chelsea

à francetv info

Un patron oligarque à la fortune acquise sur les ruines de l'Union soviétique, des hooligans violents pas totalement rangés, le casier judiciaire de John Terry, l'icône du club ou l'apathie des supporters en carton – "plastic fans", disent les mauvaises langues – qui ont découvert le club quand il s'est mis à gagner… Chelsea traîne une image assez peu glamour.

Chez Hadjer, le salon familial va se transformer en champ de bataille mercredi soir. Si le père de cette jeune Francilienne de 21 ans lui a transmis son amour du foot, lui supporte le PSG quand elle n'a d'yeux que pour Chelsea, depuis un match des Blues contre Wolverhampton il y a plus de dix ans. "C'est la troisième année que j'ai droit à des soirées pleines de petites piques de sa part, confie-t-elle. Mais bon il faut prendre ça sur le ton de l'humour." Au début, pourtant, cette passion pour le club londonien en a laissé plus d'un circonspect : "J'ai eu droit à pas mal de critiques. Les gens qui ne me connaissaient pas trouvaient extrêmement bizarre qu'une fille puisse supporter Chelsea. Mon père ne comprenait pas comment sa fille aînée pouvait soutenir une équipe étrangère. Mes amis croyaient eux à un épisode passager..." Erreur. Hadjer n'a jamais lâché.

Plutôt fans d'Eden Hazard ?

Supporter Chelsea, c'est avant tout un exercice solitaire. Les fans les plus actifs sur les réseaux sociaux sont très éloignés géographiquement, et un déplacement à Stamford Bridge écornerait leur budget d'étudiant. "C'est vrai qu'en comparant au Barça ou au Real, nous ne pouvons pas rivaliser par rapport au nombre de fans en France, continue le facétieux Abdoul-Karim. Le seul aspect où nous sommes les premiers concerne les survêtements de foot dans tous les quartiers de France !" Croiser quelqu'un vêtu d'un maillot de John Terry demeure en effet une expérience rarissime, alors qu'on voit la tunique de Lionel Messi à tous les coins de rue, ou presque.

En Belgique, en revanche, c'est plus fréquent. Le club anglais compte plus de supporters là-bas que dans l'Hexagone. La présence du meilleur joueur belge du moment, Eden Hazard, y est sûrement pour beaucoup. Maxime, 20 ans, dont un membre de la famille a évolué sous les couleurs d'Anderlecht, est tombé amoureux du club après un match à Stamford Bridge, un peu par hasard, en 2009. Celui qui anime le compte @FullyChelsea ne vit pas très bien l'engouement belge pour la Premier League, où évolue la quasi-totalité de la sélection nationale. "Les gens se disent supporters de Chelsea, mais en réalité, ils sont surtout supporters d'Eden Hazard. Quand on leur propose d'aller voir un match, ils répondent : 'Pas cette fois, Hazard est blessé, il ne joue pas.'"

Un nouveau succès en Ligue des champions, un statut de bête noire du PSG et l'émergence de quelques joueurs très connus en France derrière Eden Hazard pourra faire beaucoup pour la popularité des Blues dans l'Hexagone. De quoi (peut-être) décider le club de Chelsea à investir le marché français avec la même vigueur qu'en Extrême-Orient, où le club se déplace chaque été.