Pénis, porno, cabaret... Quand les présidents de club de foot élargissent leur business

Waldemar Kita, le président du FC Nantes, se lance dans la pénoplastie. Autrement dit, le commerce de produits pour agrandir la taille du pénis. Ce n'est toutefois pas le premier à exercer des activités inattendues à côté du ballon rond.

Le président du FC Nantes, Waldemar Kita, avant un match face à Ajaccio, le 3 février 2016.
Le président du FC Nantes, Waldemar Kita, avant un match face à Ajaccio, le 3 février 2016. (DAMIEN MEYER / AFP)
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Le président du FC Nantes, Waldemar Kita, s'est lancé dans un business lucratif : l'agrandissement du pénis. Comme le rapporte le JDD, dimanche 6 mars, le produit de comblement des rides, qui a fait sa fortune, s'applique également sous la ceinture ! Et l'homme d'affaires franco-polonais, qui préside aux destinées des Canaris depuis 2007, s'est associé avec une société hong-kongaise pour conquérir le marché asiatique, où les hommes "sont très demandeurs" de pénoplastie. Ce n'est pas la première fois qu'un patron de club de foot s'investit dans un domaine bien plus folklorique que l'immobilier ou le pétrole...

Mon président de club est un ex-roi du porno

Le co-président du club de West Ham, David Sullivan, lors du match de son équipe face à Sunderland, le 14 décembre 2013, à Upton Park (Londres).
Le co-président du club de West Ham, David Sullivan, lors du match de son équipe face à Sunderland, le 14 décembre 2013, à Upton Park (Londres). (BEN STANSALL / AFP)

David Sullivan est le co-président de West Ham, solide prétendant aux premières places de Premier League. Dimitri Payet, l'ancien milieu de l'OM, ignore peut-être que celui qui signe son chèque à la fin de chaque mois a fait fortune dans l'érotisme dans les années 1970, avec le magazine Playbirds d'abord, puis en produisant des films, dont Emmanuelle à Soho (surfant honteusement sur le succès des films avec Sylvia Kristel) ou encore l'énigmatique Sex, Lies and Aliens.

Le rachat du club londonien ne s'est d'ailleurs pas fait sans heurt. En 1982, le conseil d'administration recale ce fan de la première heure lors de sa première tentative de rachat du club. "Mon passé dans l'industrie du sexe faisait peur", se souvient-il dans Essex Life Mag (en anglais). "Je n'étais pas le bienvenu", dit-il. La même année, il purge une peine de 71 jours de prison pour "enrichissement immoral".

David Sullivan, qui a pris les commandes du club en 2010, est en paix avec sa conscience : "J'ai rendu un tas de gens heureux, renchérit-il dans The Evening Standard (en anglais). Si je fabriquais des armes ou des cigarettes, que mes produits aient tué des millions de clients, j'aurais un doute. Je suis un combattant de la liberté. Je crois que les adultes ont le droit de prendre leurs propres décisions." Les adultes seulement, hein. Pour le plus grand désespoir de ce supporter de West Ham, un de ses enfants est un inconditionnel d'Arsenal. Pas sûr qu'il lui lègue le club comme prévu, du coup.

Mon président dirige un cabaret

En Allemagne, le club de Sankt Pauli draine des milliers de supporters à travers le monde sans avoir jamais rien gagné. Anticapitaliste, antiraciste, viscéralement de gauche, symbole du quartier chaud de Hambourg, il détonne dans le paysage du ballon rond européen. Entre 2003 et 2010, il a eu à sa tête le premier président gay de l'histoire. Cornelius "Corny" Littmann a occupé la fonction tout en gérant ses cabarets de la Reeperbahn, au cœur du quartier rouge.

En sept ans, il a sauvé un club au bord de la faillite en redressant les finances et en surfant sur l'incroyable popularité du club. Les tee-shirts avec écrit en gros "Retter" ("sauveur") se sont arrachés à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires dans toute l'Allemagne, raconte Die Zeit (en allemand). A l'époque, les 40 restaurants McDonald's de la ville le proposaient à la vente. L'alliage du capitalisme et de l'esprit anarcho-libertaire du club durera sept ans, même si le conseil d'administration du club s'est opposé au naming du stade. 

Littmann aura eu le mérite de faire entrer le foot allemand dans le XXIe siècle. Notamment lors d'un débat télévisé face à l'ancien défenseur de Cologne Peter Steiner, rappelle le magazine spécialisé The Blizzard. Quand ce dernier assène "les homosexuels ne sont pas assez forts pour jouer au football", Cornelius Littmann rétorque : "J'ai couché avec un de tes coéquipiers, il est aujourd'hui président de club."

Mon président est un criminel de guerre

Zeljko Raznatovic, plus connu sous le nom d'Arkan, est un homme aux multiples facettes. Côté pile, un chef de guerre serbe, recherché par sept pays européens, ennemi public numéro un pour Interpol, et coupable avec ses "Tigres" de multiples exactions pendant la guerre en ex-Yougoslavie. Côté face, un dingue de foot, pilier des ultras de l'Etoile Rouge de Belgrade jusqu'au début des années 1990.

En 1993, il investit 30 millions de marks – environ 15 millions d'euros – dans le FK Obilic, un club qui végète dans les bas-fonds du foot serbe. Officiellement, l'argent provient de... la boulangerie-pâtisserie qu'a ouvert "Babyface Psycho" (un autre de ses surnoms). 

Arkan (au premier plan, au centre) lors de son mariage, à Zitoradja, au nord de Belgrade (Serbie), le 19 février 1995. 
Arkan (au premier plan, au centre) lors de son mariage, à Zitoradja, au nord de Belgrade (Serbie), le 19 février 1995.  (MILOS VUKADINOVIC / AFP)

Avec Arkan à sa tête, cette obscure équipe de la banlieue de Belgrade remonte en première division, enchaîne 43 matchs sans défaite et décroche le titre de champion en 1997-98. Les rumeurs les plus folles courent sur cette saison du sacre. On dit qu'Arkan a truffé de micros le vestiaire des visiteurs, pour tout savoir de la tactique adverse. Au point que l'équipe voisine, l'Etoile rouge de Belgrade, effectue causerie et mise en place tactique dans son propre stade, distant de quelques kilomètres, raconte Libération.

Les joueurs adverses trop en forme apercevaient aussi dans les tribunes des pistolets pointés sur eux pour les dissuader de trop bien jouer, narre aussi le site spécialisé Footballski. D'autres recevaient des appels anonymes pour leur déconseiller de marquer contre Obilic. Un pensionnaire du championnat de l'époque a raconté au magazine FourFourTwo avoir été séquestré dans son garage le jour du match.

Blacklisté par l'UEFA pour ses liens un peu trop évidents avec le milieu serbe, Arkan confie les rênes de son équipe à sa dernière épouse, la chanteuse pop Ceca, de 22 ans sa cadette. Quelques mois plus tard, en janvier 2000, il est abattu dans un hall d'hôtel.

Ma présidente est une star hollywoodienne

Un beau jour de février 2016, le Glantraeth FC a fait une entrée fracassante dans le microcosme des clubs qui comptent. Pas pour ses performances sportives, le club évoluant en troisième division au pays de Galles. Pas vraiment à cause de son public – une cinquantaine de personnes derrière la main courante quand il ne pleut pas –, non plus. Mais plutôt parce que "Hollywood est venu à Glantraeth", pour citer le compte Facebook du club (en anglais)

L'actrice Naomi Watts, premier rôle des films King Kong ou Mulholland Drive, a en effet accepté de devenir présidente honoraire du club. Stan Strickland, le secrétaire du club, ne l'avait pas démarchée par hasard. Adolescente, l'actrice a passé trois ans dans la région. D'où le fait qu'elle parle gallois et prononce sans ciller le doux nom de la ville de Llanfairpwllgwyngyllgogerychwyrndrobwllllantysiliogogogoch.

Prochaine étape : voir Naomi Watts sur le bord du terrain pour encourager ses joueurs. D'après le site du club, qui cite l'actrice, c'est sur les rails : "J'espère pouvoir me rendre à un des matchs de l'équipe avec ma famille, que je puisse soutenir l'équipe et montrer à mes enfants à quel point le pays de Galles est magnifique", dit-elle.

Naomi Watts n'est pas un cas isolé à Hollywood : le comédien Will Ferrell est devenu en janvier l'un des investisseurs du Los Angeles FC. A cause de sa nature facétieuse, il a dû se défendre de tout canular : "Ce n'est pas une blague", a-t-il promis. Et la star comique d'ajouter dans le Hollywood Reporter "Je suis un des copropriétaires du club et c'est très excitant. Je n'ai jamais été copropriétaire, à part peut-être de ma vieille Toyota Camry, modèle 1984, que je partageais avec mon frère."