INFOGRAPHIES. Le classement de la Ligue 1 ressemble de plus en plus à celui des budgets des clubs

Avec ses moyens démesurés, le PSG est l'exemple le plus extrême d'un championnat où les riches finissent de plus en plus souvent sur la première marche du podium. La preuve en graphes.

Thiago Silva et Lucas Moura célèbrent leur victoire au Trophée des champions, contre Lyon, le 1er août 2015 à Québec (Canada).
Thiago Silva et Lucas Moura célèbrent leur victoire au Trophée des champions, contre Lyon, le 1er août 2015 à Québec (Canada). (JEAN CATUFFE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

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La Ligue 1 est déjà jouée. Le PSG, qui compte 21 points d'avance sur son dauphin à la 22e journée, peut être sacré champion de France dès le printemps. Le déplacement à Saint-Etienne, dimanche 31 janvier, apparaît comme une formalité tant les Verts prennent des valises face aux Parisiens en championnat. Cette domination écrasante s'explique-t-elle par la différence abyssale de budget entre le club de la capitale et ses rivaux ? Explications.

Le budget du PSG est deux fois plus élevé que celui de son dauphin

Le Paris Saint-Germain est deux fois plus riche que son principal rival, l'AS Monaco. Et toise de très haut ses concurrents traditionnels que sont Lyon et Marseille. Ce qui frappe sur le graphique ci-dessous, c'est que seuls Monaco et Lyon (dans une moindre mesure) tentent de suivre la course folle des Parisiens. 

Cette situation s'est déjà produite par le passé. En 2009-2010, l'Olympique lyonnais disposait du double du budget de son principal rival, le club phocéen. Mais la glorieuse incertitude du sport existait encore : c'est l'OM qui avait été sacré champion.

Au PSG, c'est 6 millions d'euros par point

Si l'on adopte une approche purement comptable, le PSG dépense désormais presque 6 millions d'euros pour engranger un point en championnat, quand les champions qui l'ont précédé en dépensaient environ 1,5.

Désormais, le classement des budgets se rapproche de celui de la saison

En mettant des millions sur la table, les plus gros clubs parviennent à s'assurer une place dans le haut du tableau. Ce qui était beaucoup moins vrai il y a quelques années. La Direction nationale de contrôle de gestion, la fameuse DNCG, publie chaque année un indice mettant en exergue la corrélation entre classements sportif et budgétaire. Il n'a jamais été aussi haut. 

Ce qui se traduit inévitablement en haut du classement. Hormis Lille en 2010-2011 et Montpellier en 2011-2012, tous les clubs sacrés champions depuis dix ans avaient l'un des trois plus gros budgets du championnat. Dans son livre Economie du football professionnel, l'économiste Bastien Drut chiffre à 84% la part de titres remportés par les trois plus grosses équipes dans les cinq grands championnats entre les saisons 1990-1991 et 2009-2010. 

Ce déterminisme budgétaire est valable aussi en fin de classement : les clubs relégués ont en moyenne le 16e budget de l'élite. Pour voir des surprises, direction la Ligue 2 où la corrélation budget-classement est beaucoup moins forte...

La preuve club par club

Si les chiffres de la saison 2015-2016 sont arrêtés à la 22e journée, ils montrent que la logique financière est respectée en Ligue 1 :

Cliquez sur les liens pour voir le graphique de l'AS Saint-Etienne, celui du Losc, celui du Stade Rennais et celui de Lorient.

Seule exception : l'AS Monaco, revenu de l'enfer – enfin, de la Ligue 2 – les poches pleines, grâce à un providentiel oligarque russe.