Foot : "En dehors du stade, je respecte les défunts", se défend le supporter qui a insulté la mère décédée de Benjamin Mendy

L'OM et son latéral Benjamin Mendy ont répliqué, sur Twitter, au supporter du Gazélec Ajaccio qui avait été le plus virulent mercredi soir. Ce dernier plaide la provocation, de bonne guerre, selon lui, dans un stade.

Des supporters du Gazélec Ajaccio lors d'un match de Ligue 1 contre l'AS Monaco, le 13 septembre 2015 au stade Ange Casanova (Corse-du-Sud).
Des supporters du Gazélec Ajaccio lors d'un match de Ligue 1 contre l'AS Monaco, le 13 septembre 2015 au stade Ange Casanova (Corse-du-Sud). (PASCAL POCHARD CASABIANCA / AFP)
France Télévisions

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Peut-on tout dire dans les tribunes d'un stade de football ? Les insultes visant les joueurs adverses et leurs familles n'étonnent plus personne, mais des supporters du Gazélec Ajaccio (GFCA) sont sans doute allés trop loin, mercredi 9 mars, pour la réception de l'Olympique de Marseille, en Ligue 1.

La mère du latéral marseillais Benjamin Mendy, morte il y a quelques semaines, a été la cible d'insultes qui ont choqué le joueur, son club, et une bonne partie du public. Des propos qui pourraient avoir des conséquences très concrètes pour certains supporters, menacés de sanctions. Francetv info a contacté l'un d'eux, Jean-Philippe Rosso, particulièrement visé par les critiques. 

Dans une vidéo publiée sur Twitter par l'OM, on entend les premières insultes, à l'arrivée des joueurs au stade. "Oh Benjamin, embrasse bien Monique", le prénom de sa mère, lance notamment une voix ajaccienne, facilement reconnaissable comme celle de Jean-Philippe Rosso. En décembre, ce jeune fan avait eu l'honneur d'un reportage de Canal+, où on le voyait accueillir les Lyonnais avec des invectives tout aussi provocatrices. Mais qui ne franchissaient pas la ligne rouge en visant une défunte.

Pendant la rencontre, les supporters ont continué de cibler Benjamin Mendy : un chant insultant sur sa mère a été repris par une partie de la tribune à plusieurs reprises, et est clairement audible sur les images du match.

"Evidemment que les propos sont horribles"

Contacté par francetv info, Jean-Philippe Rosso refuse d'abord de répondre. Puis, par texto, il se défend : "Evidemment que les propos sont horribles. Soyez certains qu'en dehors du stade, j'ai un profond respect pour les défunts. Et ici, en Corse, peut-être plus qu'ailleurs, on respecte énormément cela." Un de ses amis, le porte-parole du groupe de supporters auquel il appartient, les Compañeros, "ne cautionne pas du tout" mais évoque des propos "qui deviennent banals" dans les stades de foot. 

Il décrit Jean-Philippe Rosso comme un jeune homme "timide" et "très intelligent""Mais quand il rentre dans le stade, il devient fanatique de son club. Les gens lui ont déjà dit que ses insultes allaient parfois trop loin, qu'il était un peu 'gore'", poursuit-il. Quant aux chants des autres supporters, le porte-parole des Compañeros les justifie par les mauvais gestes qu'aurait adressés Benjamin Mendy à la tribune.

Mais ces attaques ne sont pas gratuites : elles visent à "déstabiliser l'adversaire", le faire sortir du match, explique Jean-Philippe Rosso. A So Foot, il racontait comment ses moqueries avaient un jour fait totalement perdre pied à un joueur brestois. Jeudi, déstabiliser les Marseillais était particulièrement important, alors que le Gazélec aborde la fin de saison en position de relégable. "C'est la guerre", annonçait Jean-Philippe Rosso la veille sur Twitter, mentionnant déjà la mère de Benjamin Mendy. Les Corses ont finalement arraché un match nul 1-1.

Des supporters menacés d'interdiction de stade

Mais le résultat a vite été éclipsé par les réactions sur les réseaux sociaux, d'une ampleur rare pour des insultes visant un joueur. Benjamin Mendy a taclé les supporters corses, et le compte officiel de l'OM s'en est pris publiquement à Jean-Philippe Rosso. Ce dernier a supprimé son compte sur Twitter, où des milliers d'internautes lui avaient adressé des messages d'insultes. Un joueur corse a également affiché son soutien au Marseillais. 

Le porte-parole des Compañeros craint que l'incident n'entache l'image du club. "Depuis quelques années, le GFCA travaille à redorer son image." Promu cette saison en Ligue 1, il s'est attiré la sympathie du public avec son image rafraîchissante de club venu du monde amateur. Les blagues, jusque-là bon enfant, de Jean-Philippe Rosso y étaient pour quelque chose. Jeudi, la direction du club corse s'est désolidarisée, dans un communiqué, de ces "propos outranciers [qui] dépassent toutes les limites de l’acceptable", et a menacé ses propres supporters "fauteurs de troubles" d'interdiction de stade.