Un but espagnol à la vingtième minute. Un penalty espagnol à la dernière minute. Entre deux, l'équipe de France n'a rien montré, ou presque. N'a rien tenté, ou presque. Les Français ont été dominé dans la possession 60% contre 40, dans les tirs cadrés (13 à 1), mais même dans les tacles (22-15). Pas assez agressifs, les Bleus sont en vacances sans avoir vaincu, ni convaincu face à l'Espagne, ce 23 juin à Donetsk, en Ukraine. Voilà ce qu'il faut retenir de ce match façon j'aime/j'aime pas. 

On a aimé
- le match d'Hugo Lloris, un des rares français à ne pas avoir grand chose à se reprocher, avec Koscielny et Cabaye, les quelques joueurs à avoir surnagé.

- l'abattage de Franck Ribéry, un des rares Bleus à créer des brèches dans la défense espagnole, qui n'avait rien d'un roc lors du match. Malheureusement, Ribéry a eu trop peu de ballons.

- Laurent Blanc avait dit avant le début de la compétition sur le ton de la boutade que l'objectif était de gagner un match pendant cet Euro. C'est chose faite. 

- la France, dans les 8 meilleures nations d'Europe, est à sa place, et ça n'est pas un scandale qu'elle s'arrête à ce niveau de la compétition. 

On n'a pas aimé

- la tactique un brin frileuse de Laurent Blanc, qui a mis longtemps à en changer.

- la mentalité très frileuse des joueurs de l'équipe de France, qui n'ont que trop rarement tenté. Un seul tir cadré, un coup franc de Cabaye, de loin, c'est limité pour remporter un match.

Laurent Blanc, impuissant sur le banc des Bleus lors de la défaite contre l'Espagne (0-2), le 23 juin 2012. 
Laurent Blanc, impuissant sur le banc des Bleus lors de la défaite contre l'Espagne (0-2), le 23 juin 2012.  (CHARLES PLATIAU / REUTERS)


- le fait que Laurent Blanc et Karim Benzema récitent leurs éléments de langage à la fin du match, en parlant de "gros match", du "petit but" qui a manqué, alors qu'on a quand même nettement vu la différence entre l'Espagne et la France. 

- le marquage de la défense française sur le premier but qui a tant handicapé les hommes de Laurent Blanc. 

- le manque d'ambition des Français, qui ont d'abord joué pour ne pas perdre, et qui ont ensuite fait circuler la balle dans le camp espagnol sans créer le danger. "On espérait qu'ils fassent une erreur technique" avoue le défenseur Laurent Koscielny sur TF1 après la rencontre. "On a pêché dans la dernière passe" résume-t-il, lucide.

- cette impression désagréable de voir un remake du match contre la Suède. Le score et l'impuissance offensive...

La France est donc éliminée de l'Euro en quarts. Et il n'y a pas grand chose à y redire.