Foot : ce qu'il faut savoir de l'expérimentation de l'assistance vidéo dans l'arbitrage

Elle sera testée en conditions réelles de match pendant deux ans à partir du début de la saison 2017-2018 au plus tard.

L'arbitre de foot chilien Enrique Osses lors d'un match entre l'Argentine et le Mexique, à  Buenos Aires, le 2 mars 2016. 
L'arbitre de foot chilien Enrique Osses lors d'un match entre l'Argentine et le Mexique, à  Buenos Aires, le 2 mars 2016.  (JUAN MABROMATA / AFP)
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C'est un changement majeur dans l'histoire du foot : l'assistance vidéo à l'arbitrage sera testée en conditions réelles de match pendant deux ans à partir du début de la saison 2017-2018 au plus tard. L'annoncé a été faite samedi 5 mars par le Board, organe gardien des lois du jeu, à Cardiff, (Royaume-Uni). Voici ce qu'il faut retenir de cette expérimentation.

Une étape de plus dans l'immixtion de la technologie dans le foot 

La création de la fonction d'assistant vidéo représente la seconde phase de l'immixtion technologique dans le foot après l'autorisation de la technologie sur la ligne de but (GLT) en 2012, utilisée depuis avec succès, notamment à la Coupe du monde 2014.

Le franchissement ou non d'une ligne de but est décelable de manière quasi-instantanée. Le ralenti d'une action demande en revanche un peu plus de temps. "Nous devons faire très attention à protéger le foot et sa fluidité", a prévenu le nouveau président de la Fifa, Gianni Infantino. "Mais pour pouvoir en débattre sérieusement, il faut faire des tests."

L'assistance vidéo limitée à quatre cas 

Les quatre cas où l'assistant vidéo pourra avoir son mot à dire à l'arbitre central seront : but marqué, carton rouge, penalty, erreur sur une identité. Les hors-jeu, par exemple, n'entreront pas dans ces cas de figure.

"Les instances ne veulent pas empiéter sur l'interprétation des faits de jeu par l'arbitre. Le hors-jeu est une question d'interprétation donc ils ne veulent pas aller dans cette direction, a réagi Eric Borghini, membre du comité exécutif de la Fédération française de football en charge de l'arbitrage. Mais il y a peut-être une opportunité qui viendra plus tard. Par exemple, quand un but est marqué, qu'est-ce qui empêche, pendant les quelques secondes que durent les célébrations, de voir s'il y avait hors-jeu ou pas? Ce qui est gênant, c'est d'arrêter le jeu", a-t-il relevé.

Des tests "offline" puis "online" à partir de la saison 2017-2018

Ces tests seront dans un premier temps effectués "offline", c'est-à-dire sans communication entre l'arbitre central et l'assistant vidéo, puis seront "online" à partir de la saison 2017-2018 au plus tard, pour une durée de deux ans avant une évaluation par le Board.

Entre-temps, il s'agit de définir un cadre précis, d'où encore un certain flou sur l'application concrète de l'assistance vidéo. "Différents protocoles seront testés", a avancé Jonathan Ford, représentant de la Fédération galloise (FAW). "Nous voulons nous donner le temps, il faut être sûr que ça marche bien avant d'en appliquer un", qui sera utilisé pour la phase de tests "online".

Treize candidats à l'expérimentation, dont la France

Auparavant, le Board rencontrera les candidats à l'expérimentation, treize à ce jour (douze fédérations dont la France et la Confédération sud-américaine), "dans les semaines qui viennent afin de définir un calendrier pour les vingt-quatre mois suivants".

"Nous faisons partie de la dizaine de pays candidats pour tester l'assistance vidéo à l'arbitrage", a expliqué Eric Borghini. "C'est une évolution très intéressante qui s'inscrit dans une démarche historique de la part de la Fifa puisque dès 2012 elle a autorisé la technologie sur la ligne de but, mise en place à la Coupe du monde 2014 avec satisfaction. Aujourd'hui, la Fifa va plus loin", a-t-il ajouté.