Ce quart de finale, les Anglais l'ont joué très défensif et les Italiens à l'Espagnole. 60% de possession de balle, 30 tirs sur le but de Hart contre un seul tir cadré côté anglais, deux tirs sur le poteau... Bref, une partie à sens unique, sauf au tableau d'affichage. Ce qu'il faut retenir de ce Angleterre-Italie du 24 juin, un vrai bon match de foot à élimination directe. 

- le fair play des joueurs. L'image qui restera de ce Angleterre-Italie, c'est peut-être sa conclusion. Des joueurs qui se tombent dans les bras, échangent leur maillot, restent quelques minutes sur le terrain après 120 minutes d'effort. 120 minutes où pas un mauvais geste, pas une phrase de contestation n'aura émaillé la direction du jeu de l'arbitre portugais. Bref, un match référence de ce point de vue. 

- les Italiens jouent très bien. Ça se confirme : fini les clichés, la Squadra Azzura produit du jeu. Econome de ses efforts contre les Croates, tombée en panne sèche contre les Espagnols, les Italiens ont cette fois tout tenté pour tromper le gardien anglais. Des centres, des frappes de loin, des merveilles de balles piquées. Mais à chaque fois, le poteau, le gardien, le drapeau levé de l'arbitre assistant retardaient l'échéance. 

- Mario Balotelli fait (un peu) trop le show. Face aux Anglais, l'attaquant italien a beaucoup tenté, beaucoup réclamé, beaucoup pesté, mais beaucoup raté aussi. Une activité qui a usé la défense anglaise, mais une lucidité qui s'est envolée en cours de match. Envolées aussi, mais dans le ciel de Kiev, ses frappes de loin en seconde période. Avec un attaquant de classe mondiale, l'Italie aurait éliminé l'Angleterre en 90 minutes. 

La détresse des joueurs anglais, éliminés au tirs au but contre l'Italie en quarts de finale de l'Euro 2012, le 24 juin à Kiev.
La détresse des joueurs anglais, éliminés au tirs au but contre l'Italie en quarts de finale de l'Euro 2012, le 24 juin à Kiev. (RICHARD SELLERS / MAXPPP/TEAMSHOOT)

- les Anglais sont décidément maudits aux tirs au but. Eliminés cinq fois sur cet exercice lors des neuf dernières compétitions, ils n'ont pas vaincu le signe indien ce 24 juin. Pourtant, le gardien anglais, Joe Hart, avait travaillé cet exercice et avait puisé des mimiques dans le répertoire du portier légendaire de Liverpool Bruce Grobelaar pour déconcentrer ses adversaires. Ça n'a pas suffi : Hart n'a stoppé aucun tir.

Même si cet Euro a accouché de son premier 0-0, la qualité de jeu demeure toujours aussi intéressante. De très bon augure avant des demi-finales Italie-Allemagne et Portugal-Espagne, qui promettent beaucoup.