Coupe du monde : pourquoi la domination de l'Allemagne ne fait que commencer

Comparée à l'équipe d'Espagne pour sa mainmise sur le jeu et ses résultats, la Mannschaft dispose de nombreux atouts pour asseoir sa domination les prochaines années.

Les joueurs allemands célèbrent leur victoire face à l\'Argentine, dimanche 13 juillet 2014, à Rio (Brésil), en finale de la Coupe du monde.
Les joueurs allemands célèbrent leur victoire face à l'Argentine, dimanche 13 juillet 2014, à Rio (Brésil), en finale de la Coupe du monde. (OSVALDO AGUILAR / MEXSPORT / AFP)
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Fabien MagnenouFrance Télévisions

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Le roi est mort, vive le roi ! Après la débâcle du tenant du titre espagnol en Coupe du monde et la victoire de Philipp Lahm et ses coéquipiers, l'Allemagne postule comme un prétendant sérieux au poste de meilleure équipe de foot de la prochaine décennie. Style de jeu percutant, collectif huilé... A priori, tous les ingrédients semblent réunis pour assurer les performances futures de la Mannschaft, à commencer par l'Euro 2016. Francetv info revient sur les raisons de craindre l'Allemagne et ses joueurs, qualifiés dès avant la finale de "nouveaux rois du style" par The Guardian (en anglais).  

Parce qu'elle est d'une redoutable régularité

"La domination fonctionne par cycles. L'Espagne a dominé jusqu'ici, et maintenant l'Allemagne semble parée pour le faire les prochaines années", selon l'ancien international anglais Rio Ferdinand, cité par BBC Sport (en anglais). Il faut dire que la Mannschaft a frappé fort, en étant la première équipe européenne à décrocher un trophée en Amérique du Sud.

De son côté, l'Espagne a enchaîné l'Euro 2008, le Mondial 2010 et l'Euro 2012, une performance tout aussi inédite. Mais avant cela, la Roja était en panne de résultats. Au contraire, le trophée brésilien récompense l'extrême régularité de l'Allemagne au plus haut niveau : finaliste en 2002, troisième en 2006 et 2010, vainqueur en 2014. Bref, ce titre couve depuis longtemps.

Parce qu'elle dispose d'un solide système de formation

A l'Euro 2000, l'Allemagne tombe de haut. Elle subit un lourd revers face au Portugal (3-0) et ne remporte pas le moindre match du tournoi. Les pouvoirs publics s'emparent alors du problème. Au total, ils vont investir 700 millions d'euros en dix ans pour la formation, relevaient en 2013 Les Echos.

A l'époque, les modèles français et néerlandais inspirent les rénovateurs du foot allemand. "Nous avons compris que chaque club devait se doter d'un centre de formation pour favoriser le développement de nos jeunes joueurs", explique Erich Rutemöller, formateur à la fédération allemande, interrogé par Le Monde. Et si un joueur ne convainc pas les centres de formation, il peut se tourner vers des centres techniques, le temps de faire ses preuves. 

Aujourd'hui, la Mannschaft recueille les fruits de ces efforts passés. Et le vivier ne risque pas de tarir les prochaines années. A seulement 20 ans, le milieu Emre Can vient d'être transféré de Leverkusen au prestigieux club anglais de Liverpool, début juillet. Autre exemple de future vedette, Max Meyer, 19 ans. Ce joueur prometteur a été dispensé de championnat d'Europe U19 (pour les moins de 19 ans), au grand bonheur de son club Schalke.

Parce qu'elle bénéficie de l'influence du Bayern Munich

Le secret de l'Allemagne ? "D'abord, la qualité de la Bundesliga", répond l'ancien international Lothar Matthaüs, interrogé par le JDD. Et plus précisément, de ses fers de lance : le Bayern Munich et le Borussia Dortmund. En 2013, toute la presse s'interroge sur le miracle allemand, à l'occasion de la finale de Ligue des champions disputée entre les deux clubs.

Le parallèle avec l'Espagne de 2010 est évident. Cette année-là, six titulaires de la finale évoluent au FC Barcelone. Quatre ans plus tard, ce sont six joueurs du Bayern Munich. Faut-il y voir un signe ? A chaque fois, c'est l'Espagnol Pep Guardiola qui est aux commandes du club tant apprécié dans la sélection nationale. Il n'en faut pas plus pour flatter le sens tactique du technicien espagnol. Certains observateurs soulignent d'ailleurs que le 4-3-3 de la Mannschaft emprunte beaucoup à la formation bavaroise. Sans compter les automatismes entre les joueurs, développés tout au long de l'année.

Plus de la moitié des joueurs évoluant dans le championnat allemand sont allemands. La réciproque est vraie : seuls six joueurs de la Mannschaft jouent dans un club étranger.

Parce que son effectif est jeune et sans cesse renouvelé

La sélection compte bien sûr quelques vétérans, comme le capitaine Philippe Lahm, le recordman de buts en Coupe du monde Miroslav Klose ou encore Per Mertesacker. Mais la moyenne d'âge de l'effectif reste basse (26,3 ans), ce qui classe l'équipe au sixième rang des plus jeunes. Symbole du renouvellement des générations, le but de la victoire face à l'Argentine a été inscrit par Mario Götze, âgé de 22 ans. "L'Espagne a été la meilleure équipe de ces dernières années", a expliqué sans fausse modestie l'entraîneur Joachim Löw, rapporte L'Equipe"Je crois qu'elle est encore capable de gagner. Et nous aussi, parce que nous avons beaucoup de jeunes joueurs, comme Schürrle, Kroos, Götze. Nous avons de belles années devant nous." Difficile de donner tort à son équipe quatre étoiles.