La détresse d'un supporter français qui assistait au match Espagne-France (2-0) depuis le Trocadéro, à Paris, où était installé un écran géant, le 23 juin 2012. 
La détresse d'un supporter français qui assistait au match Espagne-France (2-0) depuis le Trocadéro, à Paris, où était installé un écran géant, le 23 juin 2012.  (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

La question n'est pas tranchée, tant l'équipe de France a alterné le bon et le très mauvais. Sur et en dehors du terrain. 

OUI

- l'équipe de Laurent Blanc a passé le premier tour, à l'économie, certes, mais l'a passé. C'était l'objectif qu'on lui avait assigné. Le sélectionneur avait ironisé sur le fait que sa mission était de gagner un match avec les Bleus dans une grande compétition, chose que la France du foot attendait depuis 2006 : mission accomplie. 

- l'équipe de France a par moments montré qu'elle avait un fonds de jeu (contre l'Ukraine), une âme (contre l'Ukraine et contre l'Angleterre). 

- la compétition a permis de révéler Cabaye dans son rôle de cerveau du jeu des Bleus, de confirmer les bonnes dispositions de Debuchy, et de donner à Lloris l'occasion de faire enfin un tournoi international où il a été impeccable. 

NON

- en termes de jeu, l'équipe de France n'a pas progressé d'un pouce. On reprochait à Domenech sa gestion d'épicier et son jeu minimaliste/pauvre/stéréotypé. On n'a pas vu beaucoup mieux dans cet Euro, si ce n'est la parenthèse enchantée contre l'Ukraine. Etre éliminé sans avoir joué, ça n'est pas si glorieux.

- on cherche toujours le schéma de jeu idéal de cette équipe. Laurent Blanc a bouleversé sa tactique en quarts de finale, et on a senti les joueurs plus perturbés que libérés. L'équipe de France ne sait pas très bien comment elle doit jouer. 

- en termes strictement comptables, 1 victoire 1 nul et 2 défaites ne constituent pas un bilan positif.

- en termes d'image, les joueurs de l'équipe de France n'ont pas vraiment marqué des points. Certes, ça ne pouvait pas être pire que la bunkérisation de 2008 et l'affaire du bus de 2010, mais les "ferme ta gueule" de Samir Nasri, qui a récidivé en zone mixte, le point de rencontre entre journalistes et joueurs dans les stades, n'ont pas fait grimper la cote d'amour des Bleus. 

- On cherche toujous des leaders. Lloris, de par son poste, ne peut pas trop influer sur le jeu, Cabaye est encore un peu tendre, Nasri est passé à côté de son Euro, pas Ribéry mais ce dernier traîne la pancarte de Knysna, et Benzema n'a pas marqué, ce qui est ennuyeux pour un leader d'attaque. La défense centrale est toujours en chantier ; seul Koscielny, celui des trois arrières centraux qui a le moins joué, a marqué des points.

- l'équipe de France a marqué moins de buts que la Grèce, considérée comme une référence du jeu ennuyeux. 

- et quand on fera le hit-parade des matchs les plus ennuyeux de cet Euro, France-Angleterre et surtout France-Espagne y figureront en bonne place. 

Conclusion : l'équipe de France a montré quelques signes de progrès, mais le chemin de la reconstruction s'annonce long.