On le surnomme le "milliardaire du potassium", il figure dans le top 100 des plus grandes fortunes mondiales établi par le magazine Forbes... et tout semble indiquer qu'il va devenir le boss de l'AS Monaco, un club à la ramasse en Ligue 2.

Dmitry Rybolovlev, âgé de 44 ans, a eu une vie pour le moins mouvementée. Il a fait fortune en récupérant à moindres frais, après la chute du régime communiste, une entreprise qui fabrique des engrais, Uralkali, au début des années 1990. A l'époque, cette ascension économique ne s'est pas déroulée sans heurts : Rybolovlev n'a pas encore totalement pris le contrôle d'Uralkali qu'il est accusé d'avoir commandité l'assassinat du patron d'une entreprise chimique. Il passe onze mois en prison avant d'être blanchi, faute de preuves. Un passage derrière les barreaux qui l'a poussé à quitter définitivement la Russie pour une vie entre la Suisse, les Etats-Unis et... Monaco.  

Ecarté par Vladimir Poutine

Dmitry Rybolovlev gère son entreprise depuis l'étranger. Et ça ne plaît pas au nouveau maître du Kremlin, Vladimir Poutine. Le président russe profite du spectaculaire effondrement, en 2006, d'une des mines de son entreprise, qui entraîne un désastre écologique. Le pouvoir menace la société d'une amende telle que "son existence pourrait être mise en doute". Un signal très clair : Rybolovlev a le choix entre céder Uralkali ou couler avec. Conséquence : le cours de l'action chute à la Bourse de Londres.

L'homme d'affaires se décide à vendre, pour 5,3 milliards de dollars, la majorité des parts de son entreprise d'engrais à un oligarque proche du pouvoir. "Le Kremlin veut reprendre le contrôle des ressources naturelles et constituer de véritables conglomérats stratégiques", analyse le quotidien suisse Le Temps. Rybolovlev investit dans d'autres entreprises... Et surtout il dépense son argent. 

Petit Versailles et gros ennuis

Car le milliardaire n'est pas seulement un homme d'affaires avisé. Il aime aussi mener une vie grand train. Lui et son épouse ont voulu se faire construire un château de Versailles en miniature, à Cologny, près de Genève, en Suisse. Un bâtiment avec une façade de 16 mètres de haut qui avait entraîné les foudres de la société d'art public suisse, note swissinfo.

A cela s'ajoute l'achat d'un Airbus A319 pour son confort personnel. Et surtout l'acquisition du manoir du magnat américain de l'immobilier, Donald Trump, à Palm Beach (Floride), surnommé "la maison de l'amitié", pour 100 millions de dollars.

Une "maison de l'amitié" qu'il pourrait perdre... lors de son divorce, puisque sa future ex-femme a la ferme intention d'y habiter, après avoir récupéré la moitié de sa fortune, comme le prévoit la loi. C'est son immense yacht qui l'a perdu : son épouse lui reproche d'avoir utilisé le bateau pour s'y ébattre avec ses conquêtes féminines, précise le Daily Telegraph.

La "maison de l'amitié", à Palm Beach (Floride), appartenait auparavant au milliardaire Donald Trump. 
La "maison de l'amitié", à Palm Beach (Floride), appartenait auparavant au milliardaire Donald Trump.  (JAMES AYLOTT / MAXPPP)

Depuis que ce divorce est engagé, Dmitry Rybolovlev semble moins prudent dans la gestion de ses affaires. L'avocat de sa femme lui reproche, dans Business Insider, d'avoir bradé des tableaux de Van Gogh et oublié de payer des fournisseurs pour la demeure de Cologny. Le but serait de liquider une partie de sa colossale fortune, et ainsi de verser moins d'argent à son ex-épouse. Injecter 200 millions d'euros dans les caisses de l'AS Monaco, alors que selon les spécialistes, le club en valait cinq fois moins, fait-il partie de cette stratégie ? D'autant plus que l'ASM n'est pas le premier choix de Rybolovlev, d'après L'Equipe : l'an passé, il a cherché à acquérir le Dynamo Minsk (Biélorussie), mais les 20 millions d'euros demandés l'avaient refroidi.