Une barricade à Bahreïn le 20 avril. La contestation est vive à l'approche du Grand Prix de F1.
Une barricade à Bahreïn le 20 avril. La contestation est vive à l'approche du Grand Prix de F1. (AFP)

La tension monte encore d'un cran à Bahreïn à l'approche du Grand Prix de Formule 1. Des manifestations sporadiques ont eu lieu samedi après qu'un homme ai été trouvé mort sur le lieu d'une manifestation et une enquête ouverte. Des affrontements nocturnes entre manifestants et forces anti-émeutes avaient eu lieu dans des villages chiites, non loin du circuit Sakhir. C'est là que doit se dérouler dimanche le Grand Prix.

La contestation contre le pouvoir est vive à Bahreïn où les chiites, majoritaires, ont manqué le train du printemps arabe pour faire accepter au roi, sunnite, des réformes de fond. Il y a un an troubles avaient entraîné l'annulation du Grand Prix. Une option exclue cette année par le prince héritier, Salmane Ben Hamad Al-Khalifa.

Un homme d'une trentaine d'années

Samedi matin, le Wefaq, principal groupe de l'opposition chiite, a annoncé la découverte du cadavre "du martyr Salah Abbas", âgé d'une trentaine d'années. Selon lui, les forces de sécurité ont "sauvagement" réprimé une manifestation hostile à la dynastie sunnite qui dirige le pays.

Dans la nuit de vendredi à samedi, des dizaines de personnes avaient manifesté à quelques kilomètres seulement du circuit. Certains étaient encagoulés. Des jeunes ont mis le feu à des pneus sur des routes jouxtant leurs villages et lancé des pierres et des cocktails molotov en direction des forces de sécurité. Ils ont été dispersés à coups de gaz lacrymogènes et de bombes assourdissantes.

Manifestations sporadiques

Samedi, des milliers de personnes ont manifesté en fin de journée dans un village chiite, près de Manama, la capitale, à l'appel de l'opposition, selon un militant. La foule a scandé des slogans hostiles au régime alors qu'une marche en direction du circuit a été bloquée en raison d'une forte présence policière.

Mais des manifestations sporadiques ont éclaté dans plusieurs villages chiites autour de la capitale, où les forces anti-émeutes sont intervenues en tirant à nouveau des bombes lacrymogènes et des bombes assourdissantes contre les protestataires, selon les témoignages d'habitants.

Des blindés aux abords du circuit

Ces manifestations ont été initiées par le mouvement des "Jeunes du 14 février". Un collectif radical, qui a appelé à "trois jours de colère" coïncidant avec le Grand Prix prévu dimanche, sous le slogan "Non à la Formule de sang".

Signe de la tension qui règne dans ce pays du Golfe, des véhicules blindés étaient stationnés samedi sur l'axe routier reliant Manama au circuit. Des fouilles systématiques, avec des portiques de sécurité, étaient menées aux entrées du public.

( France 2 - Marie Forestier)