13h15, France 2

VIDEO. "13h15". Quand le plus jeune évêque de France a compris le sens de son célibat

Lors d’une mission ecclésiastique difficile à Madagascar, Emmanuel Gobilliard s’est senti seul, très seul. Le prêtre traversait alors une crise de foi. Et puis, les mots d’un malade du sida qu’il avait accompagné lui sont revenus en mémoire, confortant son vœu de célibat… Extrait du magazine "13h15 le samedi" du 9 septembre.

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Emmanuel Gobilliard, 49 ans, est le plus jeune évêque de France. Le pape François l’a nommé à Lyon pour aérer un diocèse asphyxié par les affaires de pédocriminalité qui ont fait la une des médias. Le souverain pontife avait remarqué un texte qu’il avait écrit l’année de ses quarante ans : Le célibat est un dur combat, mais c’est un beau combat

Cette année-là, Emmanuel décide de quitter le confort de sa paroisse pour une mission à Madagascar. Il traverse alors une véritable crise de foi. "Je me retrouve dans un contexte difficile, un milieu très pauvre, presque misérable, sans eau ni électricité. On dort sur une planche avec des moustiques partout, dans une chaleur à crever. Et là, on se sent seul. Je me suis demandé ce qu’était le célibat. J’avais besoin d’une présence féminine", explique-t-il au magazine "13h15 le samedi" (FacebookTwitter#13h15).

"Quand tu es là, je me repose dans ton cœur"

"Punaise, ça me manque, pense alors Emmanuel. J’ai éprouvé ce manque profondément. Pourquoi le célibat ? Pourquoi donne-t-on sa vie ? Quel est le sens profond de mon célibat ? J’ai réfléchi et je me suis souvenu de Mario…" C’était un des malades du sida qu’il avait accompagné des années plus tôt et avec qui le jeune prêtre parlait longuement.

"Mario m'a dit : 'J’ai compris ton célibat.' Je lui ai demandé de m’expliquer parce que je n’avais pas tout compris. Il a cette phrase un peu énigmatique : 'Quand tu es là, je me repose dans ton cœur. A cause de ton célibat, je sais que je suis aimé, qu’il n’y a rien de plus important pour toi que moi.' Punaise, je suis utile, me suis-je dit. Si je suis comme cela avec les autres, ils vont l’être aussi pour moi. Ils me nourrissent. Le soir, je suis souvent fatigué, mais heureux. Et quand je rentre chez moi, je suis content d’être seul."